Johann Wolfgang von Goethe

Johann Wolfgang von Goethe

Résumé

Portrait de Johann Wolfgang von Goethe Johann Wolfgang von Goethe Oeuvres de Goethe. Tome 8

Que voulez-vous ? lui cria le comte irrité. Sortez ! Personne n’a le droit d’entrer ici que Saint-Jean. — Eh bien ! prenez-moi un moment pour Saint-Jean. — Il faudrait pour cela une grande force d’imagination. Deux comme lui n’en font pas un comme vous. Sortez ! — Monsieur le comte, vous avez reçu du ciel un grand don, et c’est à ce don que j’en appelle. — Vous voulez me flatter : ne croyez pas que cela vous réussisse. — Vous avez le grand don, monsieur le comte, même dans les moments de passion, dans les moments de colère, d’écouter les sentiments des autres.
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Portrait de Johann Wolfgang von Goethe Johann Wolfgang von Goethe Oeuvres de Goethe. Tome 8

Le regard du peintre s’unissait au regard du poëte. La belle contrée champêtre, animée par la douce rivière, augmentait mon inclination pour la solitude, et favorisait mes méditations secrètes, qui s’étendaient de tous côtés. Mais, depuis que j’avais quitté le cercle de famille de Sesenheim, et ensuite mon cercle d’amis de Francfort et de Darmstadt, il m’était resté dans le cœur un vide que je ne pouvais remplir : je me trouvais donc dans un état où une inclination, pourvu qu’elle se produise un peu déguisée, peut nous surprendre à l’improviste et anéantir toutes nos bonnes résolutions.
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Portrait de Johann Wolfgang von Goethe Johann Wolfgang von Goethe Oeuvres de Goethe. Tome 8

Mais à quoi des jeunes gens prendront-ils le plus grand intérêt, comment éveilleront-ils l’intérêt parmi leurs égaux, si l’amour ne les anime pas, si les affaires de cœur, de quelque nature qu’elles soient, ne sont pas en eux vivantes ? J’avais à déplorer en secret un amour perdu. Cela me rendait indulgent et doux, et plus agréable à la société que dans l’époque brillante où je n’avais à me reprocher aucun tort, aucun faux pas, et où je m’élançais dans la vie, libre de tout engagement. La réponse de Frédérique à une lettre d’adieux me déchira le cœur.
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