“ Le saut était accompli, la pierre était là couchée à terre, et l’on n’avait vu personne d’autre que le guerrier Gunther. Brunhilt la belle devint rouge de colère ; Siegfrid avait sauvé Gunther de la mort. Quand elle vit le héros à l’autre extrémité du cercle hors de danger, elle dit à demi-voix à ceux de sa suite : — « Approchez vite, vous mes parents et mes hommes, vous allez devoir vous soumettre tous au roi Gunther. » Alors ces braves déposèrent leurs armes. Maint homme hardi se mit aux pieds de Gunther, le puissant roi du pays des Burgondes. ”
Gunther
Définition et enjeux
Gunther est un personnage central dans la littérature médiévale et romantique, notamment dans le cycle des Nibelungen. Il incarne à la fois le roi guerrier et le héros tragique, exploré par divers auteurs à travers des récits épiques ou des analyses critiques. Dans Les Nibelungen, il est présenté comme un souverain vaillant, tandis qu’Albert Lavignac et Paul Féval le placent dans des contextes dramatiques ou fantastiques, mêlant fatalité et damnation.
Alphonse de Lamartine, quant à lui, souligne son rôle de figure royale emblématique. Ces approches diverses révèlent une figure complexe, liée à des thèmes comme la fidélité, la vengeance ou la damnation, et connectée à des personnages majeurs tels que Siegfried ou Hagen.
Citations sur “Gunther”
Albert Lavignac,
Le Voyage artistique à Bayreuth
(1897)
“ Les chasseurs, parmi lesquels se trouve Gunther, déposent le corps au milieu de la salle. La consternation est générale. La malheureuse Gutrune tombe évanouie en voyant sans vie celui qu’elle aimait. Gunther veut la relever ; mais, revenant à elle, elle repousse avec horreur son frère, qu’elle accuse d’avoir assassiné son époux. Gunther se disculpe et dévoile alors le crime de Hagen, qu’il maudit et voue au malheur et à l’angoisse. Le traître s’avance impudemment et proclame avec hauteur son acte odieux ; il exige comme droit de dépouille la bague qui brille au doigt du héros. ”
“ Ils avaient parlé de cette nuit terrible où l’âme de Gunther s’était éteinte au sommet de la tour du Guet. Ils avaient parlé du pacte fait avec Satan, et de l’héritier promis. Quelques-uns même avaient affirmé que l’enfer avait tenu parole, et qu’on verrait, quelque jour, en Allemagne, le fils acheté par le vieux Gunther au prix de son salut éternel. Ces choses plaisent outre-mesure aux imaginations allemandes. Les trois bâtards, qui se ressemblaient, disait-on, de cœur et de visage, n’eussent été par eux-mêmes que des héros de roman. ”
