Nicolas Martin, Poètes contemporains en Allemagne
“ Lorsque cette dernière arrive, Brunhild lui adresse à haute voix, et en présence de la suite nombreuse, l’ordre de s’arrêter. « Une sujette, s’écrie-t-elle, ne doit point passer avant la reine. » Ces paroles impérieuses allument pour la première fois le feu de la colère dans l’âme, jusqu’à ce moment sans fiel, de cette femme aimante et douce. « Tu aurais dû garder le silence, Brunhild ; tu as poursuivi de ton amour Sigfrid, et tu as subi la honte d’en être délaissée ; c’est lui aussi qui t’a domptée et vaincue, lui, et non Gunther. Ainsi donc, c’est toi-même qui t’es livrée à un vassal. » ”
