Résumé

Nicolas Martin Poètes contemporains en Allemagne

Lorsque cette dernière arrive, Brunhild lui adresse à haute voix, et en présence de la suite nombreuse, l’ordre de s’arrêter. « Une sujette, s’écrie-t-elle, ne doit point passer avant la reine. » Ces paroles impérieuses allument pour la première fois le feu de la colère dans l’âme, jusqu’à ce moment sans fiel, de cette femme aimante et douce. « Tu aurais dû garder le silence, Brunhild ; tu as poursuivi de ton amour Sigfrid, et tu as subi la honte d’en être délaissée ; c’est lui aussi qui t’a domptée et vaincue, lui, et non Gunther. Ainsi donc, c’est toi-même qui t’es livrée à un vassal. »
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Soyez les bienvenus, Gunther, Gernot et Giselher ; bienvenus Hagen, Folker et Dankwart ; ne savez-vous pas que Chriemhilt pleure toujours amèrement le héros des Nibelûngen ? — Elle peut pleurer longtemps encore ; voila déjà bien des années qu’il a été frappé à mort ; elle fera bien de s’en tenir au roi des Huns ; Sigfrid ne reviendra pas ; il y a beau temps qu’il est enterré. — De quelle manière Sigfrid a reçu le coup fatal, nous ne voulons pas le savoir, répond Dietrich d’un ton grave ; toujours est-il que, tant que vivra Chriemhilt, de grands malheurs seront à craindre.
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La belle Hildegonde alors prend le saint voile, et, d’une bouche, hélas ! pâle comme la mort, consacre à Dieu sa pauvre âme.
Mais bientôt d’autres bruits circulent sur les vertes rives du Rhin : — Nulle épée, disait-on, n’a pu le vaincre, mais l’amour seul.
Ah ! la pointe acérée d’une lance perça profondément son cœur, quand il apprit que la belle Hildegonde était désormais fiancée à Dieu.
Il se fit construire une cellule là-haut sur le rocher, afin que ses yeux pussent plonger sans cesse dans le cloître au milieu du Rhin.
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