Alphonse de Lamartine,
Cours familier de Littérature - Volume 04
“ Et pour qui la douleur n'est qu'une goutte d'eau? Ô poëte! un baiser, c'est moi qui te le donne; L'herbe que je voulais arracher de ce lieu, C'est ton oisiveté: ta douleur est à Dieu. Quel que soit le souci que ta jeunesse endure, Laisse-la s'élargir cette sainte blessure Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du cœur; Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur. Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poëte, Que ta voix ici-bas doive rester muette. Les plus désespérés sont les chants les plus beaux, Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots. ”
