“ Elle promit au héros, en échange, de lui révéler l’avenir, et lui annonça les éclatants exploits qu’il allait accomplir chez les Huns. Hagen charmé rendit les tuniques mystérieuses. Une autre alors sortit de l’onde sa tête irritée : « Sire Hagen, lui dit-elle, ma sœur a menti pour recouvrer nos voiles. Vous périrez au pays d’Attila. Chacun de vous mène par la main la mort invisible. » Hagen pourtant s’obstine, et les bons guerriers du Rhin entrent en Bavière par Moringen. Ils traversent Passau, Pechlarn, Vienne, et arrivent aux lieux où Chriemhield pleurait toujours le héros des Niebelungen. ”
Hagen
Définition et enjeux
Hagen, personnage central de la légende des Niebelungen, incarne le conflit entre fidélité et trahison dans un récit épique. Des auteurs comme Nicolas Martin ou Frédéric Gustave Eichhoff ont analysé ses actes, notamment son assassinat de Siegfried et ses rapports tendus avec Kriemhild.
Les textes révèlent une figure ambiguë, à la fois combattant valeureux et manipulateur, dont les décisions déclenchent la tragédie. Cette ambivalence, mise en évidence par les récits, souligne l’importance de Hagen dans la mise en place des tensions dramatiques de la légende.
Citations sur “Hagen”
Nicolas Martin, Poètes contemporains en Allemagne
“ Comment, après cela, commettrions-nous l’imprudence de nous aventurer dans le pays d’Etzel ? Nous y perdrions l’honneur et la vie. Le cœur de Chriemhilt est de ceux qui couvent longtemps la vengeance. » Mais les avis de Hagen ne sont pas écoutés. Gernot lui répond : « Quand même tu craindrais de périr dans le pays des Huns, ô Hagen ! nous irions pourtant. » Hagen, voyant que la résolution des héros est inébranlable, leur conseille alors de ne partir qu’avec de bonnes armes. On convoque tous les seigneurs et tous les vassaux du pays de Bourgogne ; on les voit arriver de toutes parts. ”
Nicolas Martin, Poètes contemporains en Allemagne
“ Soudain Hagen s’élance, emporte et cache toutes les armes qu’il peut saisir, l’épée, l’arc et le carquois ; puis, s’armant de la lance, il en dirige la pointe contre la croix brodée par la main de Chriemhilt dans le vêtement de Sigfrid ; le héros, encore penché pour boire, a le cœur percé par son propre fer, et son noble sang inonde son meurtrier. Frémissant de rage, le héros mortellement blessé se relève d’un bond ; hors de sa poitrine s’allonge le fer qui a pénétré entre les épaules. ”
