“ C’étaient ceux de Soleure, Lucerne, Fribourg, Berne, Zurich, Bâle, et Schaffouse. Berne surtout était remarquable par la concentration de tous les pouvoirs entre les mains de quelques familles. Ce canton avait dû à sa constitution aristocratique le privilége de devenir le plus puissant de la Suisse ; il est, comme on sait, de la nature même des aristocraties d’être conquérantes, et de donner aux pays qu’elles gouvernent une grande énergie extérieure. ”
Bern
Définition et enjeux
Citations sur “Bern”
Adolphe Thiers,
Histoire du Consulat et de l'Empire…
“ Les aristocraties de Berne, Zurich, Bâle, firent alliance avec les démocraties de Schwitz, Uri, Unterwalden, et s'entendirent parfaitement entre elles, car au fond elles voulaient toutes la même chose, c'est-à-dire la domination de quelques familles puissantes, aussi bien dans les petits cantons montagneux que dans les cités les plus opulentes. Les uns reçurent le nom d'oligarques; les autres, qui cherchaient dans l'uniformité de gouvernement la justice et l'égalité, reçurent le nom d'unitaires. ”
James Fenimore Cooper,
Le Bourreau de Berne
“ Par la parole d’un bailli, je ne voudrais pas être gouverneur d’une telle ville, même avec l’espérance de devenir un jour avoyer de Berne. Ici c’est différent : nous jouons nos rôles de dieux et de déesses comme des gens raisonnables ; et, quand tout est fini nous retournons presser nos grappes et compter nos troupeaux, comme de fidèles sujets du grand canton. ”
Madame de Staël,
De l’Allemagne
(1810)
“ Tout dans la ville et le canton de Berne porte l’empreinte d’un ordre sérieux et calme, d’un gouvernement digne et paternel. Un air de probité se fait sentir dans chaque objet que l’on aperçoit ; on se croit en famille au milieu de deux cent mille hommes, que l’on appelle nobles, bourgeois ou paysans, mais qui sont tous également dévoués à la patrie. ”
Marcel Reymond, Le Bernin (1911)
“ Dans ce grand voile tout diapré de couleurs, le Bernin met toute la vie, tout le charme de son art en évoquant de petits angelots qui se remuent, se montrent à nous, délicieux, dans les efforts qu'il font pour soulever ce lourd manteau et nous présenter les armes du pape qui, superbement, surmontent cette entrée triomphale. C'est peu, si l'on veut; ce n'est qu'un décor, mais si rare, si étonnant d'ingéniosité : des enfants, de la couleur, de la richesse, de la fantaisie, de la joie, c'est l'art du Bernin tout entier. ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle, ou Description de toutes les parties du monde…
(1851-1853)
“ Berne, que l'on considère généralement comme la capitale de la Suisse, est la ville la plus considérable de la Confédération, après Genève toutefois. Elle est bâtie sur une hauteur qui domine l'Aar et se trouve presque de toutes parts entourée par cette rivière. D'antiques et superbes forêts s'étendent presque jusqu'aux portes de la ville. Les principaux édifices de Berne sont la cathédrale, l'église du Saint-Esprit, la monnaie et l'hdpital. Les maisons particulières sont bonnes et solides plutôt qu elegantes. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Comment de si graves dangers n’auraient-ils pas enfin ouvert les yeux aux hommes les plus entraînés dans le mouvement politique de la Suisse, et en premier lieu au gouvernement de Berne, le plus puissant de tous les cantons, le plus populeux, le plus riche, et celui par conséquent qui aurait le plus à redouter pour lui-même les suites d’une révolution sociale ? Aussi, depuis que la société de la jeune Allemagne a été découverte, l’impulsion donnée par le gouvernement de Berne a été rapidement suivie. ”
Tony Borel, L'abbé de Watteville : conseiller au parlement de Dole et sa mission en Suisse (1923)
“ Zurich et Berne surtout avaient le plus grand intérêt à défendre l'indépendance de Genève, «Clef de la Confédération» à l'Ouest. La possession du Pays de Vaud, qui assurait les communications de Berne avec Genève et aussi avec la Franche-Comté, pour laquelle il était en outre la seule route ouverte vers Milan, avait été garantie à Berne par la France dans le traité d'alliance de 1663. Ces circonstances obligeaient le Canton de Berne à se montrer prudent car la France aurait pu prendre parti pour la Savoie contre Berne. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ BERNOIS, OISE. s. m. & f. Qui est de Berne. Bernensis, Arctopolita. En 1355 les Bernois firent alliance avec les autres Cantons. BERNOUS. s. m. Terme de relation. C’est une espèco de manteau à frange avec un capuce, d’où pend une touffe. Pænula cucullata. Mouley Ismaël se couvroit le menton de son bernous. Hist. de Mouley Ismaël. ☞ BERNSTADT. Bernardostadium. Petite ville du royaume de Bohème, en Silésie, au duché d’Olh. ☞ BERNTHALER. s. m. Écu du canton de Berne, valant à-peu-près cinq livres de notre monnoie, un peu moins. ”
Alfred Bovet, Souvenirs d'un alpiniste (1891)
“ Il est hors de doute que le canton de Berne traverse à l'heure qu'il est une crise intense que les esprits éclairés ne nient pas, puisqu'ils cherchent à diriger l'émigration et à l'entourer de la protection nécessaire. ”
William Rey, Autriche, Hongrie et Turquie, 1839-1848 (1849)
“ Quelques usages nés d'une circulation tortueuse, ardue, se voient à Lausanne, et des troupes d'ânes apportent des matériaux dans des paniers auprès d'édifices que l'on élève dans les plus coquettes positions. Berne est une ville taillée sur un certain plan solide, massif, riche, consciencieux, qui inspire satisfaction au vrai patriote et lui fait voir là le centre de gravité de son pays. ”
Philippe-Albert Stapfer, Histoire et description des principales villes de l'Europe (1835)
“ Les deux premiers siècles de l'histoire de la ville de Berne offrent le tableau d'un dévouement sans bornes à la chose publique ; dans les citoyens, les vertus d'un patriotisme aussi pur que courageux; dans les magistrats, le plus noble désintéressement. L'époque suivante se distingue par le réveil d'un sentiment religieux, à la fois plus éclairé et plus fécond en créations utiles : une piété chrétienne, sincère et fervente se manifeste par des mœurs plus sévères, par de nombreuses fondations charitables, et par une intégrité sans reproche dans les dépositaires de l'autorité. ”
A. Dumas, Revue des Deux Mondes
“ La cité de Berne fut fondée, en 1191, par Berthold v, duc de Zœringen. À peine fut-elle achevée, ceinte de murailles, et fermée de portes, qu’il s’occupa de chercher un nom pour la ville qu’il venait de bâtir, avec la même sollicitude qu’une mère en cherche un pour l’enfant qu’elle vient de mettre au jour. Malheureusement il paraît que l’imagination n’était pas la partie brillante de l’esprit du noble seigneur ”
“ Le Bernin, ah! le délicieux Bernin, continua à demi-voix Narcisse, de son air pâmé. Il est puissant et exquis, une verve toujours prête, une ingéniosité sans cesse en éveil, une fécondité pleine de grâce et de magnificence!... Leur Bramante, leur Bramante! avec son chef-d'œuvre, sa correcte et froide Chancellerie, eh bien! disons qu'il a été le Michel-Ange et le Raphaël de l'architecture, et n'en parlons plus!... ”
Saturnin Truchet, Vie du Père Chérubin de Maurienne… (1880)
“ Les Bernois exploitèrent habilement l'esprit d'indépendance que la Réforme avait comme répandu dans l'atmosphère et que les populations respiraient avidement. Le Vallais était sous la domination temporelle des évêques de Sion, tempérée par une foule de libertés locales et par les droits des diètes. Berne lui disait : « Adoptez la reli- gion nouvelle, c'est une religion de liberté ; à l'exemple de Genève et de Lausanne, vous secouerez le joug épiscopal et vous deviendrez un canton de la Suisse, libre et indépendant. » ”
Philippe-Albert Stapfer, Histoire et description des principales villes de l'Europe (1835)
“ Si les maux qui découlent nécessairement d'un pareil ordre de choses, ou plutôt d'un pareil désordre, se firent moins sentir à Berne que dans des états régis par les mêmes maximes, on en est redevable, d'un côté, au fonds de rectitude et de raison pratique qui n'a cessé d'honorer le caractère bernois ”
Henri Stein, Manuel de bibliographie générale
“ I (1645-1812) . Stockholm, 1895, in-8 ; — II (1813-1894) . Stockholm, 1896, in-8. Travail excellent et très complet, modèle du genre. SUISSE Die Schweizer-Presse [La presse suisse] , herausg. von M. Bühler, P. Haller und H. Micheli, Bern, 1896, in-8. J. L. Brandstetter. Bibliographie der schweizerischen Landeskunde. Ib. Bibliographie der Gesellschaftsschriften, Zeitungen und Kalender. Bern, 1897, in-8. Répertoire important et rédigé avec soin. Em. Motta. Il giornalismo del caatone Ticino dal 1746 al 1883. Locarno, 1884, in-8 (estr. dal Dovere) . Littérature excentrique : O. Delepierre. ”
Marcel Reymond, Le Bernin (1911)
“ On admirera les bras souples, les doigts mobiles, les seins plantureux, les hanches robustes, les joues où le sourire met ses fossettes, et les enfants potelés, aux chairs grasses, toute cette vie que le Bernin exprime avec la même exubérance et la même joie qu'un Rubens. ”
Isabelle de Charrière,
Lettres écrites de Lausanne
(1785)
“ Mais je voudrais que les Bernoises épousassent plus souvent des hommes du pays de Vaud ; qu’il s’établît entre Berne et nous plus d’égalité, plus d’honnêteté ; que nous cessassions de nous plaindre, quelquefois injustement, de la morgue bernoise, et que les Bernois cessassent de donner une ombre de raison à nos plaintes. On dit que les rois de France ont été obligés, en bonne politique, de rendre les grands vassaux peu puissants, peu propres à donner de l’ombrage. Ils ont bien fait sans doute ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ A Berne, il y avait de belles promenades où l'on rencontrait de jolies grisettes, à Berne surtout il y avait un fameux comité où il entrerait, sans doute, et où feraient sensation ses vues particulières sur le développement de la grande idée de l'humanité. ”
Gérard de Nerval,
Voyage en Orient
“ C’est un fort beau coup d’œil dont on ne peut se lasser. Maintenant, quand tu sauras que Berne a un casino et un théâtre, beaucoup de libraires ; que c’est la résidence du corps diplomatique et le palladium de l’aristocratie suisse ; qu’on n’y parle qu’allemand et qu’on y déjeune assez mal, tu en auras appris tout ce qu’il faut, et tu seras pressé de faire route vers Zurich. ”
James Fenimore Cooper,
Le Bourreau de Berne
“ Ne nous trompons donc pas nous-mêmes : bien que, nous autres habitants de Berne, nous affections d’être républicains et que nous parlions beaucoup de liberté, nous ne sommes qu’un petit État, et ce sont les États plus grands et plus puissants de notre voisinage qui règlent chez nous tout ce qui a rapport à l’opinion. Un noble est aussi noble à Berne, excepté en tout ce qu’ordonnent les lois, que dans le reste de l’Empire. Vous savez que nous sommes d’une race allemande, bien enracinée dans les préjugés. ”
Jean Mercier, Souvenirs historiques d'Annecy jusqu'à la Restauration… (1878)
“ Parfois, cependant, les Conseils de la cité hésitaient; mais Berne menaçait d'abandonner Genève aux vengeances des princes évincés; de se faire rembourser les frais de son intervention ; alors toute hésitation cessait. D'ailleurs, un grand nombre de ceux qui voulaient demeurer fidèles à leur ancienne foi, ne voulaient pas plus de l'autorité temporelle de l'évêque que de celle du duc. Catholiques et citoyens libres : voilà leur rêve. Mais ils ne Purent demeurer ni l'un ni l'autre : Berne leur imposa la Réforme et sa tyrannie. ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle, ou Description de toutes les parties du monde…
(1851-1853)
“ Mais ce qui fuit la magnificence de Berne, ce sont ses vastes et hautes terrasses du haut desquelles on jouit de la vue la plus belle sur la plaine qu'arrose l'Aar et sur la chaîne des Alpes; ce sont les fontaines qui rafraîchissent ses rues et. les superbes avenues d'arbres qui pénètrent jusqu'au centre de la cité. Berne n'a pas la réputation d'être une ville littéraire; cependant elle possède un assez grand nombre d'établissements et d'institutions pour la diffusion des connaissances scientifiques et littéraires. ”
Francis Ottiwell Adams, La Confédération suisse (1890)
“ Berne, dont le territoire tout entier occupait à l'origine moins de place que n'en tient aujourd'hui sa commune seule, était devenu le plus important des cantons. Il avait, étendu sa puissance de tous côtés : au sud, vers l'Oberland et jusqu'au lac de Genève; à l'ouest, jusqu'aux lacs de Neuchâtel et de Bienne, et au pied du Jura ; au nord, presque jusqu'au Rhin; à l'est, il touchait aux frontières de Lucerne et d'Unterwald. Les bourgeois de Berne s'étaient constitués en une de ces corporations exclusives dont nous aurons l'occasion d'expliquer la nature au chapitre des communes (VIII) . ”
Charles Cuchetet, Souvenirs d'une promenade en Suisse… (1828)
“ BERNE est la ville de Suisse qui, en y entrant, 111 a le plus frappé par sa situation, sa propreté, l'élégance de ses maisons, la largeur de ses rues, et l'abondance des fontaines qui l'arrosent en embellissant. Un canal reçoit leurs eaux fraîches et limpides, et les promène au milieu des rues principales dans lesquelles elles contribuent autant à la salubrité qu'à l'agrément. ”
Philippe-Albert Stapfer, Histoire et description des principales villes de l'Europe (1835)
“ Comme le mélange d'hommes de guerre de race noble et de gens de métiers, avec prééminence des premiers dans le sénat et surveillance jalouse exercée par les bourgeois en tout ce qui touchait à la liberté civile et à l'emploi des deniers, est à la fois le principe de la constitution de Berne et la clé de son histoire, nous devons chercher à en faire bien apprécier le caractère et l'influence. ”
Philippe-Albert Stapfer, Histoire et description des principales villes de l'Europe (1835)
“ La vérité est que jusque vers la fin du dernier siècle, où la révolution fit presque rougir les patriciens bernois de leur culture d'esprit, de leurs goûts, de leur langage tout français, Berne fut, de mœurs, d'usages, de relations sociales, beaucoup plus française qu'allemande : la littérature des temps de Louis XIV et de Louis XV y dominait ; et la jeunesse patricienne qui voulait compléter ses études à l'étranger, se rendait à Leyde, à Paris ou en Angleterre. Les Bernois ne commencèrent à suivre des cours dans les universités d'Allemagne qu'à dater des années 1760 et 1770 environ. ”
Philippe-Albert Stapfer, Histoire et description des principales villes de l'Europe (1835)
“ Il eût été facile au patriciat bernois de conjurer l'orage qui grondait sur la Suisse occidentale long-temps avant qu'il éclatât; mais, pour cela, il aurait fallu réunir à une connaissance de l'époque et à une habileté politique que n'avaient pas les chefs de l'aristocratie , une élévation d'âme, une absence d'esprit de corps et un dévouement au bien public qu'il serait peu équitable de demander à une corporation privilégiée pleine de vie et d'illusions. Le gouvernement de Berne attendit jusqu'à la dernière extrémité ( au 3 février -1798) pour se concilier l'affection de ses peuples. ”
Voltaire,
Correspondance, V (1749-1753)
“ À M. LE SECRETAIRE PRINCIPALdu conseil souverain de berne [1] ,à berne en suisseÀ Berlin, 20 janvier 1753. Monsieur, je me flatte que Leurs Excellences me pardonneront mon ignorance du protocole, m’étant trouvé à la campagne malade, et sans livres qui pussent m’instruire. Je vous supplie de présenter ma lettre de la manière que vous jugerez le plus convenable. Mon banquier de Berlin, qui fit rendre ma première lettre, aurait dû m’avertir de ma faute. Je vous supplie, monsieur, de vouloir bien m’aider à la réparer, et à obtenir ce que je désire [2] . ”
Philippe-Albert Stapfer, Histoire et description des principales villes de l'Europe (1835)
“ Indépendamment de la supériorité morale et industrielle que la religion protestante donne aux peuples qui l'ont adoptée , et qui n'est nulle part aussi sensible qu'en Suisse, pour quiconque passe d'un canton réformé dans un canton catholique, le gouvernement de Berne a dû peut-être à une circonstance particulière de son système électoral, sa prééminence sur ceux des cités de Lucerne , de Fribourg et de Soleure, d'ailleurs si parfaitement analogues d'origine, d'éléments et de constitution. ”
Auguste Meylan, Jean-Jacques Rousseau, sa vie et ses oeuvres… (1878)
“ Genève était cependant toujours la ville et le foyer des libertés, Berne n'avait rien perdu de sa puissance, sa renommée était solide, incontestée, les attaques de Voltaire avaient même étonné. « Ah ! « c'est Monsieur de Voltaire qui a écrit contre le bon « Dieu, et même contre le gouvernement de Berne ! » entendit-on un jour dans un salon. — Versailles, Berne et Genève se liguèrent contre Rousseau; Versailles et Berne confisquèrent les livres, Genève les brûla. Le Contrat social paraît, jamais un livre ne reçut pareil accueil. ”
Louis Veuillot,
Les pèlerinages de Suisse
(1896)
“ Les Bernois se montrèrent en vingt lieux comme nous les avons vus à Laupen, pleins de cette valeur irrésistible et simple que donnent la foi religieuse et l'amour du pays; c'était fête dans la ville lorsqu'il fallait prendre les armes. Les institutions politiques, basées sur une probité profonde, étaient libérales et sages; l'autorité, confiée aux meilleurs, pouvait devenir le partage de tous : nul n'était exclu : on acceptait les emplois avec dévouement, on ne les recherchait point; les mœurs étaient pures ”
