Résumé

A. Dumas Revue des Deux Mondes

J’étais un bien grand sot, dit Satan. Puis, cette réflexion faite, il mit les mains dans ses poches et descendit les rives de la Reuss, regardant à droite et à gauche, comme aurait pu le faire un amant de la belle nature. Cependant il n’avait pas renoncé à son projet de vengeance. Ce qu’il cherchait des yeux, c’était un rocher d’une forme et d’un poids convenables, afin de le transporter sur la montagne qui domine la vallée, et de le laisser tomber de cinq cents pieds de haut sur le pont que lui avait escamoté le bailli de Göschenen.
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A. Dumas Revue des Deux Mondes

Je me fis conduire les yeux fermés, par mon guide, à l’endroit le plus favorable pour embrasser d’un seul coup-d’œil la double chaîne des Alpes, et bientôt je me trouvai placé sur un point assez élevé pour ne rien perdre de son étendue. Alors j’ouvris les yeux, et comme si une toile se levait sur une magnifique décoration, je saisis, avec un plaisir mêlé d’effroi de me voir si petit au milieu de si grandes choses, tout l’ensemble de cet immense panorama, dont les dômes neigeux, dominant la riche végétation de la vallée, semblent le palais d’été du dieu de l’hiver.
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A. Dumas Revue des Deux Mondes

Je voulus retourner sur mes pas, mais mon guide déclara que c’était son affaire, rien ne devant se perdre dans la vallée de Chamouny. Je m’établis sur un plateau, d’où la vue était presque aussi belle que celle de la croix de Flegère, et j’attendis patiemment son retour : au bout d’une demi-heure, je le vis sortir joyeux et triomphant d’un bois de sapins que nous venions de traverser. Il avait retrouvé la montre et me la montrait en l’agitant au bout de sa chaîne : il était certes plus content que moi.
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