Isabelle de Charrière,
Lettres écrites de Lausanne
(1785)
“ Qu’il était heureux ! s’écria-t-elle un jour que, le cœur plein de mon frère, j’en avais longtemps parlé ; heureuse la femme qui remplacera ce frère chéri ! — Et qui m’aimerait comme il m’aimait, lui dis-je. — Ce n’est pas cela qu’il serait difficile de trouver, me répondit-elle en rougissant. Vous n’aimerez pas une femme autant que vous l’aimiez ; mais, si vous aviez seulement cette tendresse que vous pouvez encore avoir, si on se croyait ce que vous aimez le mieux à présent que vous n’avez plus votre frère... Je la regarde, des larmes coulaient de ses yeux. ”
