Richard Wagner

Richard Wagner

Résumé

Portrait de Richard Wagner Richard Wagner L’Anneau du Nibelung

Brunnhilde.
Tienne à tout jamais,
je le suis !
Siegfried.
A tout jamais, dès ce moment !
Prise en mes bras,
étreinte par moi,
cœur contre cœur,
lorsque tout brûle,
feu des regards,
flamme du souffle ardent,
bouche à bouche,
lèvre à lèvre,
à moi te voici,
ainsi que jadis et toujours !
J’ai dompté le souci de savoir
si déjà Brunnhild est à moi.
Brunnhilde.
A toi déjà ?
Calme divin, rugis en tempête !
Chaste clarté, brûle en fournaise !
Science des cieux, tu fuis loin de moi !
Ivre, l’amour te chasse à jamais.
A toi déjà ?
Siegfried ! Siegfried !
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Portrait de Richard Wagner Richard Wagner L’Anneau du Nibelung

Plus on étudie l’œuvre de Wagner et plus on voit que ce qu’il est nécessaire de donner avant tout dans une traduction, c’est l’idée d’une fusion intime entre le poème et la musique, d’une incorporation nécessaire entre cette musique et ce poème. Le rythme de la pensée poétique est le même, dans l’œuvre de Wagner, que celui de l’émotion musicale. D’où cette loi que doit s’imposer le traducteur et qui contient et résume les autres : la coïncidence, poussée jusqu’aux limites du possible, des syllabes accentuées des mots significatifs correspondants, dans le texte et dans la traduction.
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Portrait de Richard Wagner Richard Wagner L’Anneau du Nibelung

Siegfried.
Loin, vite !
Gai, faisons route
loin des grands bois jusqu-au roc !
Dis moi ceci, pourtant,
mon doux chantre :
dois-je en la flamme faire brèche ?
Puis-je éveiller telle vierge ?
L’oiseau de la forêt.
De Brunnhild conquise
doit voir l’éveil,
un lâche jamais,
mais qui de Peur n’est instruit. [26]
Siegfried
(joyeusement) .
Le simple enfant
qui de peur n’est instruit,
oiseau, je suis celui-là.
Encor ce jour
bien en vain j’ai voulu
connaître par Fafner la crainte.
Je n’ai d’autre vœu
que de Brunnhild l’apprendre.
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