Amédée Thierry

Amédée Thierry

Résumé

Portrait de Amédée Thierry Amédée Thierry Revue des Deux Mondes

Parmi les statues d’or ou d’argent massif livrées aux fourneaux pour les fondre, un hasard inexplicable comprit celle de la vertu guerrière, du courage, Virtus, cette première divinité de la vieille Rome. Le sénat et le préfet ne firent point exception pour elle, tant la peur les pressait. Ce fut le coup suprême porté au culte national par ceux qui se vantaient de le conserver, et pour beaucoup de Romains la dernière illusion patriotique. « Tout est fini, purent-ils dire, Rome renie la vertu qui l’a fait vivre tant de siècles, et provoque elle-même sa destinée. »
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Bélisaire s’était montré trop grand au milieu de la terreur générale, et le peuple lui avait donné des signes trop éclatans d’admiration et de confiance pour qu’on lui sût gré longtemps de sa victoire. Le cri de « Bélisaire sauveur de l’empire ! » sortait de toutes les places, de toutes les rues, de toutes les maisons de Constantinople, comme poussé par la ville elle-même : il réveilla l’envie endormie ou muette pendant le danger. On entoura Justinien de soupçons ; on lui fit voir son général, naguère disgracié, triomphant aujourd’hui de l’empereur plus encore que de l’ennemi.
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ATTILA.
LES HUNS ET LE MONDE BARBARE.
Attila, voilà un nom qui s’est conquis une place dans la mémoire du genre humain à côté des noms d’Alexandre et de César : ceux-ci durent leur gloire à l’admiration, celui-là à la peur ; mais admiration ou peur, quel que soit le sentiment qui confère à un homme l’immortalité, on peut être sûr qu’il ne s’adresse qu’au génie. Il faut avoir ébranlé bien violemment les cordes du cœur humain pour que les oscillations s’en perpétuent ainsi à travers les siècles.
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