Ravenne

Définition et enjeux

Portrait de André Suarès André Suarès,  Voyage du Condottière

“ Ravenne est une impasse de l’Histoire. Elle a le feu noir de la défaite. Ville née pour la mort, on l’aime et on aime d’y mourir. Certes, la mort y a pris une étrange séduction. À Ravenne, meurent les derniers Césars, qui la préfèrent à Rome. Les dominations et les empires finissent à Ravenne, après Rome les Goths, et les Byzantins sur les Barbares. L’air de Ravenne est sain à toute agonie. On meurt, on meurt avec abandon, ici. Et le fort Dante y rend l’âme, avant le temps. Terre fatale, chaude cellule, féconde en deuils et en spasmes ardents. ”
Source : Wikisource

Portrait de Ernest Renan Ernest Renan,  Nouvelles lettres intimes

“ Nulle part le paganisme de cette époque ne s’est plus franchement exprimé. La route de Rimini à Ravenne, peu fréquentée, est fort curieuse : on voyage au milieu d’immenses lagunes ; à droite la célèbre Pineta forme un sombre et funèbre horizon, qui convient bien à cette ville sépulcrale. Ravenne était, après Assise, ma seconde fantaisie. Je l’ai satisfaite. Je ne crois pas qu’il y ait de ville au monde qui conserve aussi vive dans ses monuments la physionomie d’une époque. ”
Source : Wikisource

Portrait de Eugène-Melchior de Vogüé Eugène-Melchior de Vogüé,  À Ravenne

“ À Ravenne seulement, on revoit au complet cette société de transition, encore maîtresse de la ville qui fut son berceau ; dans le vide et le silence ambians, elle tire l’esprit hors du présent, elle le reporte d’un saut brusque à l’heure qu’elle marque. Nulle part, sauf en Égypte, on ne ressent au même degré cette impression fantastique : la résurrection d’un morceau lointain d’humanité.
Chacun connaît au moins de nom les édifices fameux de Ravenne : San VItale, Sant’Apollinare Nuovo, et l’autre temple du même vocable, Sant’Apollinare in Classe.
”
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature