André Suarès,
Voyage du Condottière
“ Ravenne est une impasse de l’Histoire. Elle a le feu noir de la défaite. Ville née pour la mort, on l’aime et on aime d’y mourir. Certes, la mort y a pris une étrange séduction. À Ravenne, meurent les derniers Césars, qui la préfèrent à Rome. Les dominations et les empires finissent à Ravenne, après Rome les Goths, et les Byzantins sur les Barbares. L’air de Ravenne est sain à toute agonie. On meurt, on meurt avec abandon, ici. Et le fort Dante y rend l’âme, avant le temps. Terre fatale, chaude cellule, féconde en deuils et en spasmes ardents. ”
