“ Tu m’es indifférente ! — Guido ! Guido ! ne dis pas cela : je mourrais de chagrin. D’abord cela n’est pas vrai. Pourquoi m’aurais-tu défendue contre le cardinal, si je n’étais rien pour toi ? Est-ce qu’on défend une indifférente ? Tu mens, Guido, oui ! tu mens ! — Je dis la vérité : je ne t’aime pas et je n’aime rien. Il y a entre moi et le monde comme un voile noir tendu sur toutes choses, il y a une amertume dans l’air, il y a une douleur dans toute action ; et je souffre sans cesse ! ”
Guido
Définition et enjeux
Le nom de Guido évoque, dans la littérature, un personnage souvent marqué par des conflits moraux et émotionnels. Hugues Rebell le présente comme un être déchiré entre passion et désespoir, confronté à des dilemmes tragiques, comme en témoignent ses échanges avec Nichina, où l’amour et la culpabilité s’affrontent. Eugénie Foa, en revanche, le dépeint comme un jeune artiste, symbole de pureté et de résilience, soutenu par les paroles d’un poète.
Oscar Wilde, quant à lui, le place dans un cadre dramatique où l’amour se transforme en sacrifice, illustré par la duchesse qui le supplie de fuir. Ces interprétations variées, allant du récit tragique à l’idéalisation poétique, révèlent une figure de Guido à la fois universelle et singulière, liée à des thèmes comme l’amour, la jeunesse et la recherche de sens.
Citations sur “Guido”
“ Le cardinal veut t’assassiner ! — Cela m’est égal. Je viens t’arracher à tes abominations. Guido ! Guido ! tu oublies donc qui tu es pour te souiller ainsi ? — Ah ! voyons, qui es-tu, toi-même, pour venir me prêcher la morale ? — Je suis une femme qui t’aime et qui a grand pitié de toi. — Tu n’es qu’une ignoble putain, qui couche avec tous les hommes. — Guido ! Guido ! m’écriai-je les larmes aux yeux, si je suis putain, c’est toi qui en es cause, toi qui méprisas mon amour ! En tout cas, mes amours, si elles ne sont point chastes, ne vont point contre la loi de nature. ”
Eugénie Foa,
Les Petits artistes peintres et musiciens…
(1863)
“ Le petit Guido est connu dans tout Arezzo comme un enfant du pays, il est né ici. - Tu le connais, et il s'appelle Guido comme mon fils ? répéta encore la duchesse, dont la pensée semblait flotter dans l'espace. — Il y a à Arezzo plus de cent enfants qui se nomment Guido, Altesse, dit Marietta. — Qu'elle est triste, cette chanson qu'il chante ! dit la duchesse, penchée vers la croisée ouverte. — C'est le don d'un poëte aussi pauvre que lui, répondit Marietta, il a appris cette chanson au petit, en lui disant : « Fais comme l'oiseau, chante; Dieu a pitié de lui, il aura pitié de toi. » ”
