Remy de Gourmont,
Sixtine, roman de la vie cérébrale
“ L'inutilité de ma vie n'est pas unique: elle se confond avec l'universel néant. Oui, mais je ne puis pourtant considérer que moi et moi seul, puisque je ne connais rien en dehors de ma conscience. Eh bien! je reste seul, indemne et invulnérable. Quelle est cette nuée, appelée Sixtine, qui viendrait troubler ma royale indifférence et me cacher mon soleil, la mort? je ne veux pas m'endormir à l'ombre de sa beauté. Aimer, à quoi bon, puisque le réveil est certain. Ah! si l'éternité m'était donnée! Indispensable éternité, sans toi la vie n'est qu'une bien méprisable passance. ”
