Ernest Renan,
Nouvelles lettres intimes
“ L’année qui s’ouvre sera-t-elle plus heureuse ? Amènera-t-elle dans ma vie quelque révolution importante ? Avancera-t-elle notre commun bonheur ? Réjouissons-nous, chère amie, que l’obscurité qui nous cache l’avenir, nous permette l’espérance, et ne laisse pas une vue trop précise glacer nos efforts. J’éprouve un sentiment de tristesse en voyant ainsi les années s’accumuler ; elles sont déjà bien avancées pour moi, celles qu’on a coutume d’appeler les belles années. Chose singulière, chère amie, qu’une moitié de la vie doive être employée à acheter l’autre ! ”
