Eugène-Melchior de Vogüé,
À Ravenne
“ La couronne forestière dont Ravenne s’enorgueillissait, la célèbre Pineta, s’étendait naguère encore de la ville à la mer, couvrant de ses masses sombres dix lieues de côtes. Là aussi une grandeur historique s’évanouit : la forêt s’est dépeuplée comme la cité. Les vieux plus parasols ont succombé à quelques hivers trop durs. Il en reste de beaux rideaux déchirés, çà et là, sur les dunes ; des fûts isolés se dressent à l’horizon, pareils aux colonnes épargnées dans la ruine d’un temple antique. Un sous-bois d’essences plus humbles a grandi à l’ombre des géans disparus. ”
