Résumé

H. Taine VIII. — Les Villes de l’est : Bologne…

La façon dont les Grecs et les Italiens de la renaissance prenaient la vie était à la fois meilleure et pire : elle produisait une civilisation moins durable, moins commode, moins humaine, mais plus d’âmes complètes et plus d’hommes de génie.
À ces maux il y a peut-être des palliatifs, mais non des remèdes, car ils sont produits et entretenus par la structure même de la société, de l’industrie et de la science sur lesquelles nous vivons. La même sève produit d’un côté le fruit, de l’autre le venin ; qui veut goûter l’un doit boire l’autre.
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H. Taine VIII. — Les Villes de l’est : Bologne…

L’amour lui-même a changé, il n’est plus franc et âpre : la Fornarine de Raphaël ne leur semblerait qu’un corps bien portant ; ils lui veulent un attrait plus touchant et plus compliqué, des séductions plus fines et plus enivrantes, une douceur mélancolique et mystérieuse, la grâce caressante et vague de l’abandon rêveur, des yeux noyés ou illuminés qui interrogent l’espace, des formes molles qui se perdent dans la profondeur de l’ombre, des draperies enroulées ou déployées avec une curiosité savante dans l’alanguissement de la lumière ménagée et sous la magie du clair-obscur.
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H. Taine VIII. — Les Villes de l’est : Bologne…

Et comme à Bologne, à Florence, à Sienne, à Pérouse, à Pise, on ne peut s’empêcher de mettre en regard la vie terrible, hasardeuse, énergique, des cités ou des principautés féodales avec l’ordonnance sage et la douceur plate des monarchies modernes. Ici tout ce qui reste de pittoresque et de grand vient par contre-coup de cette grande époque. En tout pays, la riche invention dans le champ de l’art a pour précédent l’énergie indomptée dans le champ de l’action.
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