Charles Clément

Résumé

Charles Clément Revue des Deux Mondes

L’esprit de Raphaël était plus intelligent et ingénieux que créateur et spontané. Guidé par un admirable instinct de la beauté qui fut son vrai génie, il comprenait tout, s’assimilait tout, transformait tout en œuvres accomplies ; mais une inspiration personnelle ne vivifie pas, et tant s’en faut, à un égal degré tout ce qu’il a fait. C’est encore Michel-Ange qui le dit : « il devait plus à l’étude qu’à la nature ; » et si on entend par la nature la force innée, une puissance en quelque sorte native, et que le travail n’aurait pas besoin de féconder, ce mot est vrai.
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Charles Clément Revue des Deux Mondes

Le peuple de Rome suivit ses restes, comme il devait faire plus tard pour ceux de Michel-Ange, et la foule, si indifférente d’ordinaire aux événemens de cette nature, sentit le coup qui la frappait. Ses amis étaient inconsolables, et Castiglione écrivait à sa mère : « Je suis en bonne santé, mais il me semble que je ne suis pas dans Rome, puisque mon pauvre Raphaël n’y est plus. Que son âme bénie soit au sein de Dieu ! »
Le génie de Raphaël n’est pas de ceux qui s’analysent ou qui se décrivent et s’expliquent d’un mot. On a vu ses œuvres : d’emblée on les a comprises, et on les aime.
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Charles Clément Revue des Deux Mondes

Son génie particulier, sa grâce adorable, son exquise élégance, s’y montrent plus continuellement et sans voile. Dans ces compositions d’ordre moyen, presque tout est parfait. Si son talent, en se fortifiant, a perdu quelque chose de sa juvénile ingénuité, il a gagné des qualités d’ampleur, d’énergie, d’élévation, et non-seulement les compositions de l’Urbinate, à mesure qu’il s’est approché de la fin de sa vie, sont devenues plus complètes et plus robustes, mais à bien des égards elles ont plus de beauté et de perfection absolue que celles qu’il exécuta à Florence.
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