Émile Montégut

Résumé

Émile Montégut Souvenirs de Rome

Quel que soit le mérite de sa peinture de chevalet, quelle que soit la célébrité de telle de ses toiles, la Communion de saint Jérôme par exemple, c’est par ses fresques qu’il doit surtout être jugé. Celui qui ne connaîtrait le Dominiquin que par ses tableaux n’aurait aucune idée du charme et surtout de la singulière variété de son coloris. Ses tableaux brillent plus en général par la pensée, l’art de la composition, la finesse du dessin que par l’éclat ; froids de ton, ternes de couleur, ils plaisent plus à l’esprit qu’à l’œil.
Source : Wikisource

Émile Montégut Souvenirs de Rome

Les anciens peintres s’inquiétaient donc moins de l’attitude et de la pantomime qu’on ne l’a fait depuis Raphaël. En étaient-ils moins dramatiques pour cela? Nullement. La peinture, s’il s’agit de rendre les formes et les attitudes du corps, est inférieure à la sculpture; mais en revanche elle lutte en toute réalité avec la vie pour le langage du regard. Un corps reproduit par la peinture ne sera jamais qu’une image; mais deux yeux brûlans d’amour, de courroux, de piété, d’extase, sont aussi vrais sur la toile d’un grand maître qu’ils le sont dans la nature.
Source : Wikisource

Émile Montégut Souvenirs de Rome

Il y a dans cette fresque, la plus remarquable, à mon gré, des œuvres du peintre à Rome, une étonnante profondeur de perspective; rarement artiste en tout cas nous a donné à ce point le sentiment de l’espace, de l’impalpable vide. Et le paysage du Martyre de saint Sébastien dans l’appartement Borgia, est-ce qu’il n’est pas profondément romain dans son austère nudité, ne vous semble-t-il pas par son aridité morose un coin de la plaine si triste et si grandiose de la Via Appia?
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature