Résumé

René Schneider La peinture italienne du XVIe au XIXe siècle (1930)

C'est là, à l'ombre du Caravage toujours, que la peinture moderne prend goût aux drames du clair-obscur. Elle découvre le fantastique du rayon qui tombe du soupirail dans les ténèbres, le mystère de la nuit, même la magie de la lampe. Le Hollandais Honthorst, dit Gherardo della Notte (Gérard de la Nuit) (1590-1656) , rapporte à Utrecht cette vision de « visionnaire », et voilà la Hollande fécondée. Rome est avec Venise le berceau des nocturnes. Bien que le Caravage eût sacrifié la nature au drame humain, comme Michel-Ange, il y avait dans sa manière de voir de quoi rajeunir le paysage.
Source : Gallica

René Schneider La peinture italienne du XVIe au XIXe siècle (1930)

Le Caravage et les siens apportent une vision nouvelle du monde. La vraie révolution, et qui ouvre la peinture italienne moderne, la voilà ; elle est immense.
Ce n'est plus dans une ville professorale comme Bologne qu'elle naît, mais à Rome et à Naples, dans les milieux où grouille la vie selon la nature. Tous ces peintres, en effet, sont gens du peuple, coureurs de tavernes et de bouges, spadassins à l'occasion, vivant de la réalité crue qui souvent s'achève en drame. La basse pègre et ses exploits entrent dans l'art, changent son milieu, ses types, son coloris, sa lumière.
Source : Gallica

René Schneider La peinture italienne du XVIe au XIXe siècle (1930)

C'est dire que, comme Venise, Naples désormais échappe au Caravage et à Ribera pour s'évader vers la clarté.
Dans cette fièvre universelle de création, le rôle de Rome est paradoxal. Elle ne crée rien, mais féconde tout. Elle est la remuante Cosmopolis où les peintres d'Italie et du monde passent ou s'établissent, envoûtés par ses ruines et souvenirs, par sa campagne lumineuse, par sa société fastueuse, par l'art du Caravage lui-même, venu tout jeune de Lombardie comme les Carrache de Bologne, pour y déployer sa virtù jusqu'au génie et jusqu'au crime.
Source : Gallica

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