Résumé

René Schneider La peinture italienne, des origines au XVIe siècle (1929)

Dans cette Italie, qui a maintenant le sentiment de son unité, c'est la peinture qui va exprimer les grandes idées, et dans son dialecte propre, avec l'accent que lui font sa matière et ses ressources. Fresque ou tableau, la ligne de plus en plus laisse s'approfondir les résonances de la couleur, la forme laisse s'exercer sur sa densité le jeu de la lumière et de l'ombre. Plus habile encore aux sciences spéculatives aimées des Florentins, perspective, raccourci, proportions, anatomie, le peintre a tout de même de l'univers une vision plus picturale.
Source : Gallica

René Schneider La peinture italienne, des origines au XVIe siècle (1929)

Si Carpaccio ne connaît le monde lointain que par les gravures sur bois du Néerlandais Reuwich, Gentile Bellini, lui, est allé en 1480 à Constantinople faire le profil de Mahomet II.
Et tout cela est d'importance, car c'est l'effet pittoresque qui envahit la peinture italienne, ce sont les reflets et la réfraction dans l'eau de la lagune, c'est un coloris délectable qui décèle en Venise la Bruges italienne ; c'est surtout la lumière, qui est là-bas, entre le ciel et la mer, le personnage universel. Ils la voient toujours dorée, sans la noirceur des ombres.
Source : Gallica

René Schneider La peinture italienne, des origines au XVIe siècle (1929)

Il est évident que Raphaël, à Rome, s'est accordé toutes les joies du coloris, mais elles ne naissent pas des profondeurs de son tempérament. Léonard lui-même reste jusque dans le sfumato un ciseleur précis de la forme. D'autre part, il est bien certain que le Corrège et les Vénitiens ont savouré l'arabesque. La nouveauté, c'est une sensualité d'essence picturale, vraie peinture de peintres, qui s'enferme presque dans le sentiment dionysiaque de soi-même. Elle inaugure la volupté moderne. L'esprit y prend sa très large part, mais précisément pour assurer le jeu des sens.
Source : Gallica

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