Gentile Bellini

Définition et enjeux

Émile Cammaerts Les Bellini

Vittore Gamelio, un médailleur contemporain, nous a conservé les effigies des deux frères Bellini. Gentile apparaît sous l’aspect d’un honnête bourgeois, à l’œil lourd, à la mâchoire volontaire, aux traits grossiers et vigoureux. Giovanni, au contraire, a le nez mince, le menton délicat et l’œil rêveur d’un poète de cour.
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Émile Cammaerts Les Bellini

Le jeune Carpaccio était certes plus près de Gentile que son propre frère. L’opposition de style entre les œuvres des deux Bellini est un symptôme de l’individualisme développé par la Renaissance. Il serait sans doute difficile de trouver, avant le xvie siècle, deux peintres de la même école, dont les tempéraments s’opposent davantage.
Gentile nous apparaît, dans ses œuvres, comme un chroniqueur, à la manière de Froissart, alliant à une notation d’une scrupuleuse naïveté toute la fraîcheur d’une imagination éprise de légende.
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Émile Cammaerts Les Bellini

Ce qui distingue, en effet, l’art des Bellini, c’est son universalité. Ils n’accueillent pas seulement les influences extérieures, ils se les approprient et les transforment. En vrais Vénitiens, ils sont peintres avant tout. Jacopo s’éprend d’architlecture et de perspective comme Giovanni se grise de couleur. Tour à tour, Gentile da Fabriano, Pisanello, Squarcione, Mantegna, les artistes flamands et Antonello de Messine font entendre leur voix dans leur bottega ; et Giovanni, à l’âge de quatre vingts ans, ne dédaigne pas d’écouter celle du jeune Giorgione. Tous les sujets leur sont bons.
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