Gentile da Fabriano

Définition et enjeux

Émile Cammaerts Les Bellini

Lorsque, vers 1410-1419, l’Ombrien Gentile da Fabriano et le Véronais Pisanello sont, à leur tour, conviés par la République à achever la décoration de la salle du Grand Conseil, la situation de la peinture vénitienne ne s’est guère améliorée. Certes, les tableaux d’autel de Niccolo Semitecolo et surtout l’Annonciation de Lorenzo Veneziano (Académie de Venise) révèlent, à la fin du xive siècle, des traces indiscutables d’influences giottesques. Les visages se détendent, les draperies se libèrent.
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Émile Cammaerts Les Bellini

Jacopo se montre, dans ses dessins, le digne élève de Gentile da Fabriano, le digne émule de Pisanello. Il rompt définitivement avec le hiératisme byzantin et se lance à corps perdu dans le nouveau champ d’exploration qui s’ouvre devant lui. Il découvre la vie : La cour d’abord, dans laquelle il se trouve, et le tohu-bohu de ses équipages, ses processions de seigneurs et de dames, ses pages élégants, sa valetaille empressée, ses bouffons et ses bateleurs.
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Portrait de Eugène Müntz Eugène Müntz La Renaissance en Italie et en France à l'époque de Charles VIII (1885)

Soutiendra-t-on que c'est à son séjour sur les bords de l'Arno que l'artiste doit cette connaissance approfondie de l'art antique ? Mais Gentile da Fabriano aussi avait passé plusieurs années à Florence, et cependant rien, dans son oeuvre, ne trahit la plus légère préoccupation de l'antiquité. D'ailleurs, jusque vers 1430, les peintres florentins eux-mêmes, loin de sacrifier aux tendances de leurs confrères les architectes et les sculpteurs, prirent pour unique règle le naturalisme.
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