“ Ce qui distingue, en effet, l’art des Bellini, c’est son universalité. Ils n’accueillent pas seulement les influences extérieures, ils se les approprient et les transforment. En vrais Vénitiens, ils sont peintres avant tout. Jacopo s’éprend d’architlecture et de perspective comme Giovanni se grise de couleur. Tour à tour, Gentile da Fabriano, Pisanello, Squarcione, Mantegna, les artistes flamands et Antonello de Messine font entendre leur voix dans leur bottega ; et Giovanni, à l’âge de quatre vingts ans, ne dédaigne pas d’écouter celle du jeune Giorgione. Tous les sujets leur sont bons. ”
Émile Cammaerts
Résumé
Émile Cammaerts examine dans Les Bellini l’héritage artistique des frères Gentile et Giovanni Bellini, peintres vénitiens du XVe siècle, en soulignant leur rôle dans l’évolution de l’art local. À travers des études des fresques, des portraits et des paysages, l’auteur met en valeur leur aptitude à assimiler des influences extérieures tout en préservant une identité vénitienne distinctive.
Le texte met en avant leur originalité technique, leur lien avec des maîtres tels que Mantegna, ainsi que leur position dans l’émergence de la peinture italienne, marquée par un contraste entre la tradition byzantine et l’humanisme naissant.
Citations de Les Bellini (Émile Cammaerts)
“ Il s’imprègne de l’atmosphère d’humanisme qui l’entoure, il dessine des monuments et des statues antiques. Mais, en vrai Vénitien, il perfectionne avant tout sa technique. Il exagère le recul de ses perspectives, dans tout le feu de la découverte ; il s’exerce avidement à saisir les mouvements violents, la lutte, la course ; il s’essaie même aux études de nu. Pour l’Italie de 1440, tout cela n’est pas nouveau. Pour Venise, c’est une révélation. Ni Gentile da Fabriano, ni Pisanello lui-même n’avaient élargi à ce point le cadre de leurs compositions. ”
“ Gentile s’était fait une spécialité de ce genre. En 1493, le duc de Mantoue lui commande les ritratti « du doge Barbarigo, du Caire et de Venise ». Quatre ans plus tard, il lui réclame un ritratto de Gênes. Et ce sont bien des portraits, et non de froids décors d’architecture que peignait l’artiste. L’âme de la ville plane sur son œuvre, tantôt minutieusement exacte, comme dans cette Procession, tantôt délicieusement fantaisiste, comme dans le Prêche de saint Marc à Alexandrie, où l’imagination cliché Alinari. ”
