Résumé

Léopold Bachelin Hans Makart et les cinq sens : esquisse esthétique (1882)

C'est ce que Makart n'a pas assez fait jusqu'ici. Que d'autres aient du sentiment, de l'esprit, de l'émotion et dressent de grandes figures qui font rêver et penser; il se contente, lui, de la beauté extérieure, des belles formes du corps et des riches costumes. Cet exclusivisme indique la limite de son talent.
Certes, l'épanouissement de la vie corporelle au sein d'un luxe raffiné, sous les rayons éclatants du
soleil, au milieu des magnificences d'une fête, n'est pas un sujet indigne d'un artiste, mais il y a manière et manière de le traiter.
Source : Gallica

Léopold Bachelin Hans Makart et les cinq sens : esquisse esthétique (1882)

L'œil peut, pour ainsi dire, faire le tour des figures; car elles n'ont pas l'air de figures découpées et plaquées ensuite sur la toile ; l'atmosphère et l'ombre transparentes circulent autour d'elles et les enveloppent de leurs teintes dégradées et fondues. Aucune trace noire ne marque d'une façon géométrique le contour des formes. Le peintre a compris que le dessin n'est en peinture qu'une résultante de la différence des colorations, que la tache passe avant la ligne, parce que celle-ci n'est autre chose que la limite de celle-là.
Source : Gallica

Léopold Bachelin Hans Makart et les cinq sens : esquisse esthétique (1882)

Si l'artiste n'y prend garde, il s'abandonne aux regrettables entraînements d'une trop abondante facture et il arrive à peindre de pratique, à improviser toujours, et rarement à travailler avec réflexion, avec le souci du dessin, de la perspective et des expressions physionomiques. C'est ce qui risque d'arriver à Makart. En face de ses toiles, on s'aperçoit au bout d'un moment qu'on a affaire à un talent facile plutôt qu'inspiré, brillant plutôt que profond, et on les quitte ébloui et charmé, mais sans avoir été transporté et saisi.
Source : Gallica

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