Édouard Bergounioux

Résumé

Édouard Bergounioux Charette, par Édouard Bergounioux (1832)

CHARETTE,
— Vraiment, dit Gesner à Robespierre, vraiment, citoyen, les destinées de la république sont compromises sur le volcan de passions si vives.
— Le volcan se consumera lui-même. Que devenir avec de pareils hommes? Aujourd'hui ils se plongeront dans le sang jusqu'aux genoux, et demain ils pleureront à la vue d'une charrette qui porte des aristocrates à la guillotine. Soldats qui ne sont braves que dans la colère ! et c'est alors qu'on frappe mal ; au lieu que si l'âme est tranquille on discerne tous les coupables, sans erreurs et sans oubli.
Source : Gallica

Édouard Bergounioux Charette, par Édouard Bergounioux (1832)

Mon ami, la victoire est à nous ! Le Mans, qu'ils ont pris, le Mans, où ils s'enivrent d'un succès de deux jours , le Mans sera leur tombeau. Ces stupides bourgeois qui restent derrière nous l'arme au bras, ils avaient l'occasion d'apprendre ce qu'est une victoire, et ils s'amusent à patrouiller dans leurs rues désertes!... Kléber, Marceau, Savary, Westermann, ils y seront tous! Gesner, ton coeur ne bat-il pas en songeant à ces braves camarades? Hélas! mon ami, leur nombre sera sans doute bien diminué. Tant que le canon grondait, ceux-là ne quittaient point le champ de bataille.
Source : Gallica

Édouard Bergounioux Charette, par Édouard Bergounioux (1832)

Vraiment, disait Fabricius, je suis républicain de tout mon coeur; je tuerais le pape pour le bien de la république, si sa mort était utile; mais tu conviendras que la vertu republicaine n'est guère aimable; c'est une déesse qui montre toujours les dents, qui vous regardé avec des yeux de crocodile quand elle ne s'amuse pas à vous caresser d'un poignard, car je m'imagine bien que ces gens-là sont la vertu républicaine incarnée.
Source : Gallica

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