Ernest de Chabot

Résumé

Ernest de Chabot Mémoires d'un royaliste (1882)

Je demandai à Marceau quel était cet officier.
— C'est Westermann, me répondit-il, intrépide, mais sanguinaire jusqu'à la férocité; quand il voit couler le sang, il devient un tigre.
A ce moment, arriva au galop un représentant du peuple. Il avait une figure longue, maigre et hideuse; de longs cheveux plats, les yeux fuyards de la hyène, et les lèvres rouges du vampire.
— Tiens, un brigand, cria-t-il en m'aperçevant; qu'on le fusille !
Marceau était occupé à enlever la croix blanche de ma poitrine et la cocarde de mon chapeau, m'épargnant ainsi l'humiliation de les ôter moi-même.
Source : Gallica

Ernest de Chabot Mémoires d'un royaliste (1882)

C'est là que sont venus mourir Cathelineau et Bonchamp, les grands promoteurs de cette guerre. Et c'est là, enfin, que j'ai vu la Vendée, vaincue et fuyante, passer la Loire qu'elle ne devait plus repasser; comme si Dieu, dans son incompréhensible colère, avait voulu faire subir à ce pauvre peuple sa passion la plus douloureuse au lieu même où il s'était levé au nom de la religion et de la royauté !
A mon arrivée, je trouvai installé chez mon hôtesse, un officier bleu, blessé aussi. Ses blessures, comme les miennes, étaient graves; il se
faisait appeler le commandant Armand.
Source : Gallica

Ernest de Chabot Mémoires d'un royaliste (1882)

Là, il fait mieux que de mourir, il pointe deux canons sur la ville, et devant quelques volées de mitraille, les Bleus s'arrêtent inquiets.
Marigny, avec sa stature colossale, le sabre levé, attendant l'ennemi entre ses deux canons, ressemblait aux héros antiques. Un Vendéen le prend tout à coup par le bras et le rejette en arrière. « Mon général, tu es encore bon à quelque chose ; moi, je ne suis bon qu'à faire un mort, je prends ta place et je défendrai tes canons ! » Ce paysan était Pierre Mange-la-Mort, qui se fit en effet tuer là.
Source : Gallica

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