“ Elle m’a fait rèver de mon cher Morbihan ; Terre où les paysans ont l’âme douce et grande, Où l’infini des flots sous l’infini des cieux, Attirant malgré lui le pâtre de la lande, Met un chant à sa lèvre, un rêve dans ses yeux. ”
Morbihan
Définition et enjeux
Le Morbihan est un département français de la région Bretagne, nommé d'après le golfe du même nom, appelé « petit océan » en breton. Ce territoire, marqué par des paysages contrastés entre landes et côtes rocheuses, a inspiré de nombreux auteurs.
Guy de Maupassant souligne sa dimension symbolique et ses légendes, tandis que Charles Le Goffic oppose ses régions sauvages à ses vallées fertiles. Ernest de Chabot, quant à lui, met en avant son ancrage culturel et historique. Le Morbihan, croisement de géographie et d'identité bretonne, révèle ainsi une complexité à la fois naturelle et humaine.
Citations sur “Morbihan”
“ Le Morbihan est une mer symbolique secouée par les superstitions. Et voilà le grand charme de cette contrée ; elle est la nourrice des légendes. Mortes partout, les vieilles croyances demeurent enracinées dans ce sol de granit. Les vieilles histoires aussi sont indestructibles dans ce pays ”
Octave Mirbeau,
Sébastien Roch
“ De tous les pays bretons, le taciturne Morbihan est demeuré le plus obstinément breton, par son fatalisme religieux, sa résistance sauvage au progrès moderne, et la poésie, âpre, indiciblement triste de son sol qui livre l’homme, abruti de misères, de superstitions et de fièvres, à l’omnipotente et vorace consolation du prêtre. ”
Ernest de Chabot, Mémoires d'un royaliste (1882)
“ Parlons un peu de votre Morbihan ; c'est pour savoir où il en est que je vous ai fait venir. - Le Morbihan est toujours prêt, Madame, et là, l'insurrection, une fois debout, sera tenace ; l'amour de leurs chefs se grave lentement dans le cœur des Morbihannais, mais il ne s'en efface pas plus que s'il était gravé sur les rochers de leurs falaises. Les paysans suivront toujours Cadoudal et les autres chefs, si le soulèvement de la Vendée réussit. ”
Henri Baudrillart,
Revue des Deux Mondes
“ Le Morbihan présente un intérêt économique et par les avantages qu’il possède et par ceux qui lui manquent. Une côte bordée de rochers, des gorges profondes, étroites, souvent marécageuses, un sol généralement granitique ou schisteux, presque partout léger, naturellement maigre, une vaste superficie occupée par les landes, — et souvent, à bien peu de distance, des régions d’une admirable fertilité, — telle est cette presqu’île morbihannaise, qui laisse encore à l’agronomie bien des problèmes à résoudre. ”
Jules Michelet,
Revue des Deux Mondes
“ Le Morbihan est sombre d’aspect et de souvenirs ; pays de vieilles haines, de pèlerinages et de guerre civile, terre de caillou et race de granit. Là, tout dure ; le temps y passe plus lentement. Les prêtres y sont très forts. ”
Charles Le Goffic,
L’Âme bretonne
“ Cette formule de l’historien des Gaules, Camille Jullian, est particulièrement applicable au Morbihan. Encore ne faudrait-il pas étendre à tout le département ce qui n’est vrai que de sa portion inférieure, la plus sauvage, mais non pas la moins émouvante et qui contraste par sa rudesse, son air d’antiquité, avec l’apaisante douceur, la grâce sans pareille, la verte fraîcheur des vallées du Blavet, du Loch, du Ninian et de l’Ével. La Bretagne est la terre des oppositions. On y passe en quelques minutes de la tragédie à l’églogue. ”
Onésime Reclus,
France, Algérie et colonies
“ Entre le Morbihan ou Petite meret le Morbraz ou Grande mer, la presqu’île de Ruis baigne dans un climat d’une extrême douceur : le laurier-rose, le grenadier, l’aloès, arbres d’Afrique, y viennent en pleine terre, non par le soleil qui luit sur l’Atlas, mais par les vents humides que l’Atlantique souffle sur cette péninsule de 11 000 hectares où l’on ne compte pas les mégalithes. ”
“ Allons seulement de Vannes à Douarnenez, en suivant la côte, la vraie côte bretonne, solitaire et basse, semée d’écueils, où le flot gronde toujours et semble répondre aux sifflements du vent dans la lande. Le Morbihan, espèce de mer intérieure, qui monte et descend sous la pression des marées du grand Océan, s’étend devant le port de Vannes. Il le faut traverser pour gagner le large. ”
Jean Kuntz, Monographie agricole du département du Morbihan… (1937)
“ Le département du Morbihan doit son nom au golfe formé par l'Océan Atlantique dans la région située au Sud de Vannes et appelée en breton Mor-Bihan (Mer Petite) par opposition à Mor-Bras (Mer Grande ou Océan) . Ce département est compris entre les 47° 18' et 48° 12' de latitude Nord et entre les 4°23' et 6° 5' de longitude Ouest. Partie intégrante de la Bretagne, le Morbihan n'est entouré que de départements bretons. Ses limites sont : au Nord, les Côtes-du-Nord ; à l'Ouest, le Finistère ; au Sud, l'Océan Atlantique ; au Sud-Est, la Loire-Inférieure et, à l'Est, l'Ille-et-Vilaine. ”
Eugène Loudun, La Bretagne. Paysages et Récits
“ Nulle part le sentiment royaliste ne se montra plus vif au moment de la révolution ; c'est dans le Morbihan que la guerre des chouans se perpétua avec une ardeur toujours renaissante ; ce furent ses côtes que choisirent les émigrés pour y débarquer et y recommencer la lutte ; c'est à Quiberon qu'ils combattirent, à Auray qu'ils succombèrent, à la Chartreuse que sont entassés leurs os, et, pour tout dire en un mot, le nom du Morbihan ne se sépare pas du nom de Cadoudal. ”
Morceaux choisis des classiques français des XVIe… (1885)
“ Cette rude nature du Morbihan a eu ses bardes et sa mythologie druidique. Sur les bords de la Baie des Trépassés (les Bretons, chant Xe) le poète ne verra pas les souriantes Néréides de Raphaël, de Fénelon ou de Chénier, mais je ne sais quelle divinité dure, humide et glauque : Elle se tord sur son banc de limon ; Ses verdâtres cheveux, l'algue et le goémon, Elle les jette au vent, les vents par leurs haleines Réveillent en sursaut et requins et baleines: Tout le ciel retentit d'épouvantables bonds. ”
Charles Le Goffic,
L’Âme bretonne
“ Erdeven, Kerserho, Sainte-Barbe, la lande du Haut-Brambien, Carnac surtout, avec ses 2,000 menhirs, débris de la prodigieuse forêt lithique qui le couvrait autrefois, furent les principaux centres d’inhumation. Mais comment, après avoir rempli un tel rôle dans le passé, le Morbihan ne serait-il pas un peu mélancolique ? D’avoir été le cimetière du monde il n’est pas que quelque chose n’en demeure au moins dans l’aspect général. ”
Guy de Maupassant,
Œuvres complètes de Guy de Maupassant - volume 08
“ Là-bas, à droite, la mer du Morbihan, avec ses rives déchirées, et, plus loin, à peine visible, une tache blanche illuminée, Vannes, qu’éclairait un rayon de soleil, glissé on ne sait comment, entre deux nuages. Puis encore très loin, un cap démesuré: Quiberon!Et tout cela triste, mélancolique, navrant. Le vent pleurait en parcourant ces espaces mornes; j’étais bien dans le vieux pays hanté; et, dans ces murs, dans ces ajoncs ras et sifflants, dans ces fossés où l’eau croupit, je sentais rôder des légendes. ”
Émile Souvestre,
Les Derniers Bretons
(1843)
“ Ce fond , qui existait également dans le reste de la basse Bretagne , y a presque totalement disparu , tandis que le Morbihan le montre encore de toutes parts . Cependant les ruines gothiques y sont nombreuses . Elles ont même un caractère plus militaire et plus historique que dans le reste de l' Armorique , De tout temps , aux jours des Romains comme aux jours de la vassalité , cette terre du Morbihan a nourri une race dure et batailleuse . Là , les hommes naissent avec la maladie héréditaire que l' on nomme esprit guerrier . ”
Eugène Loudun, La Bretagne. Paysages et Récits
“ Le golfe du Morbihan, qui donne son nom à cette partie de la Bretagne, ne communique avec l'Océan que par une passe étroite ; s'avançant longuement dans les terres où il découpe de profondes anses, semé d'îles que l'on compte par centaines, qui s'élèvent blanches et sans arbres, au-dessus de ses flots calmes, et entre lesquelles passent et disparaissent les barques de pêche, c'est un lac presque fermé, une mer intérieure, la mer de Bretagne. ”
Charles Le Goffic,
L’Âme bretonne
“ Quand, par le magnifique chemin de la Loire, on arrive comme au bout d’une avenue royale à la lisière du mélancolique Morbihan, on est saisi malgré soi par le changement qui s’opère dans le paysage. Ces landes âpres, dont la plus grande, l’immense lande de Lanvaux, a pu être comparée au désert de Gobi, ces forêts mystérieuses (Lanoë, Camors, Quénécan, etc.) ”
S. Merville, Les blancs : récit de l'an III (1877)
“ L'émotion était à son comble. On n'entendait de toutes parts que soupirs, que sanglots mal contenus. — Innocents que vous êtes ! poursuivit l'abbé, quand, au contraire, vous pouvez tous aller droit dans le ciel, où vous trouverez les portes ouvertes et où vous entrerez comme dans un moulin, rien qu'en disant votre nom : Gars du Morbihan ! direz-vous, et pour vous on tirera les verrous. ”
Zénaïde Fleuriot,
Armelle Trahec, par Mlle Zénaïde Fleuriot
(1874)
“ Voici le Morbihan qui renferme plus d'îles Que les autres cantons n'ont de bourgs ou de villes; Et les autres cantons, si verdoyants tous trois, N'ont pas tant de forêts ni d'arbres dans leurs.bois Que l'immense Carnac dans son champ de bruyère N'a de rangs de menhirs et de tables de pierre. Des îles, des menhirs, voilà le Morbihan, Et le grand saint Gildâs est roi de l'Océan. — Très-bien ! dit M. de Kerpeulvan en frappant doucement ses mains l'une contre l'autre par un geste d'applaudissement. Grand'mère et l'oncle Gabriel seront très-contents. Le dessin du menhir estil terminé ? ”
Abbé Dolla, Souvenirs d'un écolier en 1815 ou Vingt ans après (1874)
“ Cette victoire, annoncée par les journaux comme décisive, devait amener de terribles conséquences et causer la ruine des espérances royalistes. Le Morbihan ne s'émeut de ces bruits que pour puiser dans son dévouement une nouvelle force et un nouveau courage. Napoléon a triomphé! Le pays entier va se lever pour combattre le colosse victorieux, et dans quelques jours l'armée royale comptera près de vingt mille hommes. Singulière destinée du Morbihan de se trouver debout contre Napoléon au commencement et à la fin de sa carrière ! ”
Abbé Dolla, Souvenirs d'un écolier en 1815 ou Vingt ans après (1874)
“ Le Morbihan est bien, comme l'a dit Chateaubriand, la terre du royalisme et de la fidélité. Excepté dans quelques circonstances trop malheureuses, une franche gaieté n'a cessé de régner parmi les collégiens. On racontait des histoires, des légendes ; on improvisait des chansons qui faisaient rire aux larmes, car elles faisaient toujours allusion à des désappointements , des maladresses ou des mésaventures de quelques-uns parmi nous. Il y avait un chant héroïque, que nous appelions notre chanson de mort. Rien, au surplus, ne troubla jamais la bonne et toute fraternelle union des collégiens. ”
Jean Kuntz, Monographie agricole du département du Morbihan… (1937)
“ La Bretagne en général est, semble-t-il, le pays où l'on trouve le plus d'artisans ruraux. Dans le Morbihan, il y en a à chaque carrefour, à chaque croisement de routes de grande communication. La femme de l'artisan tient l'indispensable débit de boissons où l'on traite les affaires entre deux verres. ”
Charles Le Goffic,
L’Âme bretonne
“ L’architecture militaire et civile n’est pas moins brillamment représentée dans le Morbihan : Sucinio, Elven, Pontivy, Hennebont, Rohan-Guéméné, Castel-Finans, Rochefort-en-Terre, etc., jusque dans leurs tours, leurs portes et leurs murailles déchiquetées, gardent encore fière allure ”
Aurélien de Courson, L'insurrection de 1832 en Bretagne et dans le Bas-Maine… (1910)
“ Le Morbihan n'était pas le seul département où s'exerçassent les rigueurs des énergumènes du libéralisme; dans tout le reste de la Bretagne, dans la Vendée, dans l'Anjou, dans le Maine, les agents du pouvoir rivalisaient de zèle et d'arbitraire, comme s'ils eussent réellement voulu porter au paroxysme la haine des populations de l'Ouest contre la nouvelle dynastie. ”
Ernest de Chabot, Mémoires d'un royaliste (1882)
“ Aussi le Morbihan tout entier lui obéissait d'amitié, comme le Bocage vendéen avait obéi à Cathelineau. Je trouvai là Joseph Cadoudal, frère du héros Morbihannais, qui dort aujourd'hui dans la petite chapelle de Kerléano, et le comte Sol de Grisolles, son aide-de-camp. Tout enfant, Sol de Grisolles avait fait naufrage en revenant d'Amérique. Un vaisseau qui passait le recueillit mourant sur une planche, au milieu de l'Océan. Ce bonheur ne l'abandonna jamais dans les mille aventures périlleuses de sa vie. ”
Anatole France,
Pierre Nozière
“ Passant des mères aux filles, elle enseigne que les générations succèdent aux générations et qu'en la race seule est la suite et la durée. Ainsi le pli d'un morceau de toile nous donne l'idée d'un temps beaucoup plus long que celui de l'existence humaine.Vêtues de noir, les joues, le cou voilés, les femmes du Morbihan ont l'air de religieuses. Leur plus grande beauté est dans leur douceur. Assises sur leurs talons, dans l'attitude qui leur est habituelle, elles ont une grâce paisible et lourde assez touchante. ”
Xavier de Petigny, Un bataillon de volontaires (3e bataillon de Maine-et-Loire… (1908)
“ Dès que vous seriez informé que l'ennemi est entré dans le Morbihan, ruinez le pays, chassez devant vous tous les bestiaux et les grains qu'on peut charroyer. Un des grands principes, en fait de guerre, c'est d'affamer son ennemi. Disputez le terrain, n'évacuez Vannes qu'à la dernière extrémité. J'ai lieu de croire qu'on ne laissera pas le Morbihan sans généraux. Au surplus, à leur défaut, faites pour le mieux ; vous n'en acquerrez que plus de gloire à vous passer d'eux. Au reçu de ces nouvelles, Duboys ordonna de faire partir aussitôt pour Redon les troupes disponibles. ”
Théophile Lavallée, Géographie illustrée de la France et de ses colonies (18..)
“ Le territoire, actuellement occupé par le département du Morbihan, était habité avant l'invasion romaine, par la peuplade armoricaine des Venètes; cette population se composait surtout d'audacieux marins, qui manœuvraient habilement leurs navires de guerre, et qui résistèrent courageusement aux troupes de César ; mais vaincus par les galères romaines, ils durent payer de leur sang une héroïque résistance envers les envahisseurs. ”
Henri Baudrillart,
Revue des Deux Mondes
“ Les seuls qui paraissent résolus d’une manière complètement satisfaisante sont ceux où la nature a mis surtout sa collaboration et n’a laissé à l’homme d’autre rôle que de profiter de ses avances. C’est le cas des heureuses régions qui avoisinent le golfe du Morbihan. Aux beaux jours d’été, lorsqu’un soleil éclatant brille dans un ciel ordinairement gris et brumeux, le ciel breton pour tout dire, les chênes-liège, les figuiers et toute une flore qui semble ici dépaysée, peuvent produire l’illusion du un li. ”
Adolphe Lanne, Le Mystère de Quiberon
“ Tant de troupes réunies dans le Morbihan, consommaient immensément de vivres et les approvisionnements devenaient de plus en plus rares et difficiles, car tout le département était soulevé. Jamais la population n’avait témoigné tant de haine contre la République. ”
Alice Pujo, Rose Perrin (1922)
“ Tout le monde sait en Bretagne que les Kéravan portent l’un des noms les plus anciens et les plus respectés du Morbihan.Je suis moi-même une Kéravan par ma mère : vous savez que dans notre pays on cousine pendant des générations.Les parentés se conservent aussi pieusement que des reliques ; c’est ce qui fait la force des liens de famille. Ainsi, je puis bien vous parler de certain projet que nous avions formé pour mon petit-fils Hervé. ”
“ Depuis l’embouchure de la Loire jusqu’au Finistère, on rencontre des villes submergées ; il n’est pas une grève où l’on ne distingue des vestiges d’habitation. Le littoral du Morbihan paraît être descendu de 5 mètres à Closmadenc. ”
Eugène Loudun, La Bretagne. Paysages et Récits
“ Là, l'on rencontre alors tous les costumes, on entend tous les dialectes de Bretagne ; le centre de la Bretagne, ce n'est ni Rennes, ni Nantes, ni même Quimper : c'est ce petit village du Morbihan, Sainte-Anne d'Auray.Le sol même a un caractère particulier : il n'y a pas un étranger qui n'en soit frappé ; c'est la vraie terre celtique. A chaque pas, des menhirs, des dolmens, des carneillous, des tumulus ; les champs sont entourés de quartiers de roc, débris de dolmens renversés ; dans la lande, parmi les verts ajoncs, surgit le cône gris d'un menhir isolé ”
Adélaïde-Paule-Françoise de La Fare, comtesse de La Boutetière de Saint-Mars, Mémoires de madame la comtesse de La Boutetière de Saint-Mars
“ Il m’a mandé que tout le Morbihan obéissait au général Georges, en qui l’on avait la plus grande confiance ; que son armée était forte de 30,000 hommes bien armés et bien payés. C’est de ce côté que se dirigera le fort de la guerre. ”
Edmond Dubail, Cours classique de géographie, par M. Dubail… (1882)
“ Verdun (10.700 hab.) , place de guerre bâtie d'une façon pittoresque sur la Meuse. De sa promenade de la Roche, la vue domine toute la rive gauche de la rivière. § 67. — MORBIHAN (chef-lieu VANNES) . Superficie : 679.781 hectares. — Population : 606.573 habitants. L'aspect du Morbihan est très-pittoresque; sa partie septentrionale est accidentée par des collines couvertes de landes et tapissées de bruyères, dont l'inclinaison générale se dirige vers le S., et qui viennent mourir sur des plaines fertiles. ”
