Alice Pujo

Rose Perrin (1922)

Résumé

Alice Pujo,  Rose Perrin (1922)

“ Avant de sortir, Mlle de Trivières eut le temps de le voir mettre un baiser maladroit entre les boucles folles, un baiser timide qui sollicitait un pardon que le sourire de Rose avait accordé d’avance.
Et Diane tira la porte avec un soupir sur ce joli bonheur qui était à moitié son œuvre.
Elle prit lentement l’allée des sapins. Une buée obscurcissait ses yeux.
Même cet humble bonheur ne serait point à sa portée ! Elle haïssait sa fortune qui, d’une façon comme de l’autre, la privait du seul bien dont son cœur souffrait le besoin.
”
Source : Gutenberg

Alice Pujo,  Rose Perrin (1922)

“ Mme de Trivières fit avec un petit sourire :
— Dites-moi, bon ami, vous n’avez pas peur que le gros défaut de Diane fasse fuir votre neveu si vous le lui dévoilez ?
Il répondit sur le même ton :
— Ah ! c’est bien possible, chère amie : si notre jeune beauté prend ses grands airs de reine, il fuira, malgré sa bravoure... Pourtant, cette petite, elle est si ensorceleuse quand cela lui plaît !... Elle a des moments — des moments très courts, où il faut la saisir — c’est une expression de visage, un mot, un sourire ; on sent que la bonté, la sensibilité sont là...
”
Source : Gutenberg

Alice Pujo,  Rose Perrin (1922)

“ Diane se sentit touchée de tant d’abandon :
— Madame, dit-elle, voulez-vous accepter que je vienne de temps en temps vous faire la lecture ? J’en serai très heureuse ! J’ai pris depuis la guerre beaucoup de goût à la lecture et je passerai près de vous le temps que j’y consacre habituellement.
Une joie véritable illumina le visage de l’aveugle.
— Vraiment ! vous feriez cela ? Oh ! chère demoiselle, soyez bénie pour cette bonne pensée ! Vous ne pouvez imaginer le plaisir que vous me ferez. La solitude est ce qu’il y a de plus affreux pour les vieillards...
”
Source : Gutenberg

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