George Sand

George Sand

Résumé

Portrait de George Sand George Sand Le Marquis de Villemer (1860)

Caroline a vingt-cinq ans...
— Et moi j’en ai plus de trente-quatre à présent !
— Ce n’est pas cela. Elle est toute jeune, si son cœur est aussi pur, aussi neuf que le tien ; mais elle a aimé !
— Non. Je sais toute sa vie, j’ai causé avec sa sœur, elle a dû se marier, elle n’a jamais réellement aimé.
— Mais entre ce mariage manqué et le jour où elle est venue chez nous, il s’est passé des années...
— Je me suis informé. Je connais sa vie jour par jour et presque heure par heure. Si je vous dis que mademoiselle de Saint-Geneix est digne de vous et de moi, c’est parce que je le sais.
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Portrait de George Sand George Sand Le Marquis de Villemer (1860)

Le duc conduisit son frère dans sa chambre, l’installa sur un grand fauteuil, le soigna comme une mère eût soigné son enfant, et s’assit près de lui, tenant sa main dans les siennes. Là, toute la bonté de sa nature reparaissait, et Urbain lui dit pour le remercier :
— J’ai été odieux ce soir ! Dis-moi bien que tu me pardonnes.
— Je fais mieux : je t’aime, répondit Gaëtan, et je ne suis pas le seul. Elle aussi pense à toi à l’heure qu’il est.
— Mon Dieu ! tu mens, tu me berces avec une chanson du ciel ; mais tu mens. Elle n’aime personne, elle ne m’aimera jamais !
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Portrait de George Sand George Sand Le Marquis de Villemer (1860)

Caroline resta tout aussi calme et comme étrangère à la question.
— Ah ! mon fils, dit la marquise, quelle niaiserie nous contez-vous là ? Vous avez des jours où vous parlez comme un enfant !
— Mais vous savez bien que je suis très-enfant, dit le duc, et j’espère l’être encore longtemps.
— C’est l’être beaucoup trop que de mettre une chance de bonheur dans la misère, dit la marquise, qui avait besoin de discuter. Il n’y en a pas, la misère tue tout, même l’amour.
— Est-ce votre opinion, mademoiselle de Saint-Geneix ? reprit le duc.
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