Camille Périer

Résumé

Camille Périer Une gommeuse (1873)

Vous êtes heureuse et vous vous croyez aimée, ma sœur. Vous avez l'àme tendre pour les misères d'autrui. Vous ne supposez pas, dans votre orgueil de femme, que je puisse attirer à moi le regard qui a cherché le vôtre, les sourires qu'on vous a adressés. Frédéric vous aime, vous le croyez du moins, et votre œil crédule
n'a jamais vu s'il se troublait quand sa main touchait la mienne.
— Vous mentez! s'écria Marguerite, vous voulez me rendre aussi ridicule que vous !
Madame Davelles s'empara de son bras, et, le serrant avec force dans sa main nerveuse : — Je veux que Frédéric m'aime !
Source : Gallica

Camille Périer Une gommeuse (1873)

Chère Marguerite! chère sœur! veux-tu nous écouter un peu? Nous voilà comme trois amies, bien seules. Nous n'avons rien à te défendre, moi pas plus que madame de Rives, à qui tu as inspiré en peu de jours une vive sympathie. Qui ne t'aimerait pas? Tu es si parfaite ! si aimante! Oui, celui dont tu veux me parler t'aime, je n'en doute pas. Qu'est-ce que cela
prouve? que tu le mérites, voilà tout! Le duc, qui peut choisir parmi les plus riches héritières de France, t'aime aussi à en perdre la tête, et, comme tu ne lui as jamais accordé un regard, son amour est encore plus désintéressé.
Source : Gallica

Camille Périer Une gommeuse (1873)

Caroline était en veine de modestie ce jour-là.
— Il n'y a pas moyen de lutter, remarqua-t-elle, avec la peau et le teint de Marguerite.
— Quelle belle mariée elle fera sur les marches de Saint-Thomas-d'Aquin!
— Je préfère me marier à Guériant, dit Marguerite.
— Vous demanderez l'agrément du duc, chère mignonne, je suis sûre qu'il n'aura rien à vous refuser.
Les natures franches ont des brusqueries de langage que le monde n'admet pas. Marguerite étouffa dans sa gorge les paroles qui lui montèrent aux lèvres, et, de peur d'exprimer trop bien sa pensée, se mit à rire.
Source : Gallica

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