George Sand

George Sand

Antonia (1863)

Résumé

Portrait de George Sand George Sand,  Antonia (1863)

“ Il a eu du chagrin, Marcel ! beaucoup de chagrin que tu ne sais pas. Il aimait madame d’Estrelle, je ne m’étais pas trompé, et même...
— Bon, bon ! dit Marcel, qui ne voulait pas d’épanchement ; c’est passé, n’est-ce pas ? c’est fini ?
— Oui, répondit la veuve, je crois que c’est fini. S’il me trompait... Non ! après les espérances qu’il a eues, ce n’est pas possible, mon enfant, n’est-il pas vrai ? On ne peut pas tromper l’œil d’une mère qui vous adore ?
— Non, sans doute. Dormez tranquille, ma tante ! Je vais dire bonjour à Julien.
”
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Portrait de George Sand George Sand,  Antonia (1863)

“ Elle remercia avec une cordialité charmante, sans rien perdre de la dignité douce de ses manières, et tout aussitôt l’entretien s’engagea entre elles comme si elles se fussent toujours connues, tant leur sympathie fut subite et réciproque.
— Vous vivez seule ? disait madame Thierry ; mais c’est par situation momentanée, et non par goût ?
— C’est aussi par crainte du monde et méfiance de moi-même. Et vous, madame, est-ce que vous l’aimez, le monde ?
— Je ne le haïssais pas, dit la veuve. Je l’ai quitté par amour, je l’ai oublié, puis je l’ai retrouvé sans effort et sans enivrement.
”
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Portrait de George Sand George Sand,  Antonia (1863)

“ Soyez mille fois bénie ! Mais voyez ma douleur en même temps que ma joie : mon fils, mon cher Julien est perdu s’il ne renonce bien vite à l’espérance de vous revoir jamais. Il vous aime, madame, il vous aime éperdument ! Il m’a trompée, il m’a dit qu’il vous avait à peine aperçue de loin ; mais il vous voit tous les jours, il vous contemple à la dérobée, il s’enivre, il se tue à vous regarder. Il ne mange plus, il ne dort plus, il n’a plus de gaieté, ses yeux se creusent, sa voix sonne la fièvre. Il n’a jamais aimé, mais je sais comment il aimera, comment il aime déjà. ”
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