E. Mathieu-d'Auriac

Résumé

E. Mathieu-d'Auriac Les marmottes parisiennes... (1887)

André était à la fois tenace, énergique et amoureux. C'est assez dire que, pour arrivera la réalisation de ses projets, il ne reculerait devant aucun obstacle et ne se laisserait pas rebuter par une boutade de vieille fille. Pénétrer dans l'hôtel de la rue Saint-Dominique, à l'insu de mademoiselle de Vieillebrèche, c'eût été de la folie ; d'un autre côté, faire parvenir un mot à Marthe, à prix d'or, en soudoyant le valet de chambre, c'eût été la perdre dans l'esprit des domestiques de la maison : on jaserait, et il faut compter avec les mauvaises langues.
Source : Gallica

E. Mathieu-d'Auriac Les marmottes parisiennes... (1887)

Comment, mademoiselle de Vieillebrèche a osé traiter ainsi M. le marquis? Je la reconnais bien là avec ses idées saugrenues. Ah ! que je regrette de ne pas avoir mis l'oreille à la serrure. La curiosité est un défaut, soit; mais, si j'avais pu deviner qu'il s'agissait de moi, comme j'aurais piétiné sur les scrupules : un éclat s'en fût suivi, c'est certain, mais j'eusse élevé la voix, j'eusse défendu ma propre cause et je me serais plutôt fait chasser de la maison avec l'oncle d'André ! De quel droit mademoiselle de Vieillebrèche en use-t-elle avec moi comme avec une religieuse cloîtrée ?
Source : Gallica

E. Mathieu-d'Auriac Les marmottes parisiennes... (1887)

Le baron connaissait Monaco de longue date, savait par expérience que cette délicieuse presqu'île était un terrain neutre où l'amour ne se voilait pas la face. Que lui importait, après tout, d'être rencontré par tel ou tel de ses amis ? qu'on dise en l'apercevant : Tiens, Montbizot avec une danseuse du grand théâtre de Vienne! Qu'est-ce que cela pouvait lui faire? n'est-on pas libre à Monaco? N'y jouit-on pas d'une entière indépendance ? Bien plus, dans ce paradis interlope, c'est presque un titre de gloire que d'ètre en bonne fortune.
Source : Gallica

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