Résumé

Les six ages de Léontine

Eh ! le sais-je, moi ? répondit Léontine; je ressemble au soldat blessé inopinément sans qu'il puisse voir d'où lui vient le coup de la mort. Tout ce que je sais moi, c'est que je souffre horriblement. Si mon coeur de mère est plein, mon coeur d'épouse saigne et n'a pas de repos. Cependant, d'après quelques paroles d'Amédée, d'après une lettre, je crois pouvoir affirmer que la calomnie seule nous a désunis. Jamais il n'y eut le moindre nuage entre nous; il renferma tout en lui-même; il commanda à sa tristesse subite mieux que d'autres ne commandent à leur joie.
Source : Gallica

Les six ages de Léontine

Leurs actions de grâces, leurs souhaits furent plus agréables à Léontine que tous les discours d'apparat. En reprenant le chemin du château , nulle expression de rêverie ne se peignait plus sur son visage ; elle pensait alors que la vieillesse a ses joies à elle, et que s'il est cruel de porter des cheveux blancs, on ne s'attire pas, sous ces marques physiques d'un grand âge, des marques morales de respect. Si l'on a terminé, pour ainsi dire, le chemin de la vie, au moins on se repose ; et souvent le foyer du soir n'a pas moins de charmes que la vaste plaine brûlée des feux du midi.
Source : Gallica

Les six ages de Léontine

« Comprenez donc ma joie, disait-elle au marquis; c'est notre enfant qui nous revient, notre enfant que nous croyions perdu... Oh! la parabole a bien deviné tous les sentimens qui remplissent le coeur quand reparaît le fils qu'on n'attendait plus. »
Et comme M. de Saint-Lorme faisait une assez laide grimace, la comtesse ajouta avec son air si naturel d'aménité : Vous serez aussi mon fils, vous, monsieur, mais à un autre titre.
Elle n'avait pas encore parlé de sa fille; Amédée n'ouvrait pas non plus la bouche à ce sujet. Le marquis fixant les yeux sur lui, s'informa de sa charmante fiancée.
Source : Gallica

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