Paul Lacroix,
Une femme malheureuse : fille, femme…
(1836)
“ Par momens, elle se laissait aller à l'espérance et supposait quelque prétexte caché de dépit passager, à la froideur, à la cruauté du fils de madame Jodelet : elle se persuadait alors qu'il avait déjà des regrets, des remords, qu'il souhaitait la revoir et lui demander pardon, qu'il la suivait peut-être ; mais quand elle se rappelait l'air glacé d'Albert, son ton sec et austère, ses paroles dures et inexorables, l'empressement qu'il avait mis à la congédier, et surtout les blasphèmes qu'il avait osé proférer contre l'amour, elle ne doutait plus de son malheur, ni de la trahison de son amant. ”
