Résumé

Portrait de George Sand George Sand Un bienfait n’est jamais perdu

VALROGER, riant. Vous m’aimez, vous !
LOUISE. De tout mon cœur !
VALROGER, à part. C’est une folle ! (Haut.) Jurez-le sur l’honneur, si vous voulez que je vous croie.
LOUISE. L’honneur d’une femme ? Vous n’y croyez pas. Dans les mélodrames, on jure par son salut éternel ; mais vous n’y croyez pas davantage.
VALROGER. Par votre amitié pour madame de Louville !
LOUISE. Encore mieux : par l’innocence de ma fille !
VALROGER. Quel âge a-t-elle ?
LOUISE. Six ans.
VALROGER. J’y crois. Donc vous m’aimez, comme ça, tout doucement, de tout votre cœur, comme le premier venu ?
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Portrait de George Sand George Sand Un bienfait n’est jamais perdu

Un méchant, c’est un cœur haineux, et on vous accusait de haïr les femmes.
VALROGER Comment peut-on haïr les femmes ?
LOUISE C’est les haïr que de les rechercher pour le seul plaisir de les compromettre. Les compromettre, c’est leur faire perdre l’estime et la confiance qu’elles méritaient, c’est leur faire le plus grand tort et le plus grand mal : voilà ce que c’est qu’un méchant.
VALROGER Très bien. Et une méchante, qu’est-ce que c’est ?
LOUISE C’est la même chose. C’est une coquette au cœur froid.
VALROGER Voilà une bizarre aventure, madame de Louville !
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Francia s’y trompa au premier abord, car ses souvenirs étaient restés assez nets, et, en le voyant auprès d’elle, elle s’écria en joignant les mains :
— Ah ! monsieur Larrey, je vous ai souvent vu là-bas !
— Où donc ? répondit le docteur Faure, que l’erreur de Francia toucha profondément.
— En Russie !
— Ce n’est pas moi, mon enfant, je n’y étais pas ; mais j’y étais de cœur avec lui ! Voyons, quel mal avez-vous ?
— Rien, monsieur, ce n’est rien, c’est le chagrin. J’ai eu des rêves, et puis je me sens faible ; mais je n’ai rien et je veux m’en aller d’ici.
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