Résumé

Pauline Braquaval Anémones : récits moraux et amusants… (1874)

Frédéric quitta la table avec empressement, et sortit sans dire où il allait. Le docteur ne chercha point à le retenir ; il avait hâte de parler cœur à cœur avec Sébastien, enfant qu'il ne connaissait que depuis un jour, et qui déjà lui inspirait plus de confiance et d'espoir que son propre neveu.
— Mon ami, dit-il, dès qu'ils furent seuls, j'aime à croire que jamais tu ne me feras un mystère de tes pensées ; la véritable intimité ne peut exister sans une mutuelle expansion ; je m'engage donc ici, Sébastien, à toujours te déclarer toutes mes
impressions à ton endroit.
Source : Gallica

Pauline Braquaval Anémones : récits moraux et amusants… (1874)

Chère Elisabeth, dit Conrad, avec un sourire plein de bonhomie, tu t'étonnes de ce que j'aie acheté ce terrain : à la vérité, tu en as le droit; jusqu'au moment où un procès ait ruiné le fermier Christophe, cet homme n'avait point été un bon voisin pour nous; plus d'une fois son caractère chicanier l'a porté à nous tracasser ; cependant, lorsque je le vis dépossédé de sa ferme, lorsque je remarquai son mortel abattement, j'eus le cœur saisi de compassion, et je fis des vœux pour qu'un pareil malheur ne m'arrivât jamais.
Source : Gallica

Pauline Braquaval Anémones : récits moraux et amusants… (1874)

Je suis à même de vous détromper, Conrad : votre oncle vit, et je l'ai vu, il y a peu de temps.
— Il vit ! mon cher oncle vit ! s'écria le naïf villageois, en saisissant les mains du vieillard. Oh ! vous dites vrai, n'est-ce pas? Nous le reverrons bientôt !
— Le revoir, mon cher Conrad, est une chose bien difficile. Jean Marti est en ce moment esclave à Tunis : il est impossible qu'il vous soit rendu sans que vous acquittiez la rançon que l'on exige pour sa délivrance.
— Esclave ! répéta avec amertume le sensible charpentier. Sans doute, il est maltraité, il endure
mille tourments ?
Source : Gallica

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