Résumé

Catherine Woillez L'orpheline de Moscou ou La jeune institutrice (1897)

Que ne puis-je partager cette espérance! » reprit la baronne. Puis, se recueillant, elle ajouta : « En effet, je devrais prier, et j'en suis incapable.
- Il suffit de votre intention, mon excellente amie ; ce Dieu si bon, si puissant, qui d'un seul regard peut changer en joie nos maux les plus cruels, ne lit-il pas jusqu'au fond de nos âmes? et nos prières, quelle qu'en soit la forme, ne montent-elles pas toujours jusqu'à lui?
- Eh bien! priez-le donc pour moi pour mon époux infortuné; je vais me joindre à vous de cœur ma Juliette. »
Source : Gallica

Catherine Woillez L'orpheline de Moscou ou La jeune institutrice (1897)

Marianne, non moins émerveillée, non moins attendrie, exhalait ses sentiments en pressant furtivement la main de Juliette, qui l'avait appelée sa bienaimée, et qui lui dit tout bas : « Ici c'est ta maison, entends-tu? Tout y est à toi comme à nous. Je ne veux plus que tu travailles désormais; tu seras servie comme ma seconde mère.
- J'accepte ce titre, répondit l'excellente femme, car je le mérite par ma tendresse ; mais je vous en conjure, souffrez que je vous serve toujours : c'est là ma vie, mon bonheur, à moi; je n'en veux pas d'autre. »
Source : Gallica

Catherine Woillez L'orpheline de Moscou ou La jeune institutrice (1897)

Pourquoi, ma chère Lucie, répondit Juliette avec un sourire mélancolique, pourquoi désespérer ainsi de soi -même? Aidé de la grâce, on parvient, sinon à surmonter ses peines, du moins à s'y résigner; mais pour cela il faut regarder au ciel, il faut ouvrir son cœur aux douces, aux puissantes consolations du christianisme, qui ne nous défend point les larmes, qui sait même les essuyer en nous offrant des espérances qui surpassent tous nos maux. C'est dans ces espérances si grandes, si sublimes, ma chère Lucie, que j'essaye chaque jour de puiser le courage que vous semblez m'envier.
Source : Gallica

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