Claire Guermante

Résumé

Claire Guermante Robert ou Le souvenir d'une mère… (1853)

L'amour du comte s'était promptement éteint ; l'homme est bien près d'être ingrat et cruel lorsqu'il a cessé d'aimer. La conduite du comte à mon égard me prouva bientôt que son cœur n'avait éprouvé pour moi qu'un de ces attachements éphémères comme le caprice qui les fait éclore. Je l'aimais pourtant, moi, avec toute l'énergie d'une âme chaste et pure, qui trouve dans l'accomplissement de son devoir une jouissance des plus douces. D'ailleurs, un lien puissant m'attachait au comte : je te sentais, mon fils, t'agiter dans mon sein ; ô bonheur ! j'allais être mère.
Source : Gallica

Claire Guermante Robert ou Le souvenir d'une mère… (1853)

Robert ne fut point ingrat ; il paya ces soins de la plus vive gratitude. Elle se traduisait d'une manière sensible dans ses actions, dans ses paroles, et dans les égards dont il payait la dette de sa reconnaissance. Si d'un
côté le maître était fier de l'élève, de l'autre, la vénération et le respect étaient tellement sincères et tellement exaltés chez celui-ci, qu'il eût regardé comme un faible et légitime sacrifice de donner sa vie pour un maître qui se montrait envers lui si prodigue et si libéral de son temps et de son savoir.
Source : Gallica

Claire Guermante Robert ou Le souvenir d'une mère… (1853)

La mémoire de l'artiste est fidèle et sûre ; elle n'a rien oublié, rien omis ; sur la cime la plus élevée de la montagne une femme est assise, un enfant joue auprès d'elle avec des fleurs qu'il lui présente. C'est Robert, c'est sa mère. A l'horizon le soleil se couche, et les enveloppe l'un et l'autre de ses flots d'or et de pourpre ; il leur forme une auréole qui fait ressortir le calme, la douce sérénité des traits de la femme, et la beauté de ceux de l'enfant.
Chaque jour Robert donnait quelques heures à ce travail, qui le reportait avec tant de bonheur
au temps de ses premières années.
Source : Gallica

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