Bathild Bouniol

Résumé

Bathild Bouniol La famille du vieux célibataire… (1878)

Elle peut bien avoir du chagrin et longtemps, car le cœur n'est pas précisément comme une serrure qu'on ouvre et ferme à volonté; mais enfin elle se raisonne, et quand elle a pleuré des semaines, des mois mêmes, l'ingrat qui, lui n'a pas si bonne mémoire, elle oublie à son tour. Et alors qu'un nouvel épouseur qui vaut l'autre, et mieux peut-être, j'entends pour les écus, se présente.
— Un mariage d'argent? dis-je avec amertume.
— Non, Monsieur Christophe, non, vous avez tort de penser si mal de Félicie, et qu'elle ait pris son mari seulement parce qu'il était riche.
Source : Gallica

Bathild Bouniol La famille du vieux célibataire… (1878)

Je n'ai pas besoin de vous dire si elle l'a pie urée, si elle la pleure et quelles larmes a fait couler ce nouveau malheur dans la pauvre famille tant éprouvée. Il n'y a pas de force humaine pour résister à de pareils assauts, si le bon Dieu ne nous soutenait pas de la même main qui nous frappe, si l'on n'avait pas le Ciel pour espérance. Maintenant, dit la jeune femme en terminant, je n'ai plus rien à ajouter, Monsieur Christophe, sinon que je m'étonne que vous n'ayez rien appris de tout cela d'une façon ou d'une autre, qu'au moins vous n'ayez pas connu le malheur par les journaux.
Source : Gallica

Bathild Bouniol La famille du vieux célibataire… (1878)

Mais calmezvous, calmez-vous, ajouta Hélène; mère, pensez à la chère orpheline qui est là dans ce berceau. N'oubliez pas que vous êtes nourrice, que votre lait c'est sa vie.
— Vous avez raison, Mademoiselle, mais j'ai fini sur ce triste sujet. Mon mari mort, malgré ma santé compromise par de si rudes épreuves, je luttai contre le découragement, suite du chagrin. Je sentais que je me devais à mon pauvre Henri.
— Tu m'appelles, maman ? dit l'enfant qui, assis près de la cheminée où s'éteignait un maigre feu, surveillait une bouillotte dont il attendait en vain l'ébullition; tu m'appelles?
Source : Gallica

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