Charles Legrand

Résumé

Charles Legrand,  Sans amour ! (1877)

“ Cependant, déjà, malgré cette pitié, une sourde colère commençait à travailler l'abbé. Certes, depuis qu'elle s'était jetée à ses pieds, bien des idées l'avaient assailli, touchant la douleur ou la faute dont il lui fallait sauver celle qui avait été, qui était toute sa vie; maintenant il avait deviné, il attendait qu'elle lui parlât d'un amour criminel. Ce qui l'éclaira le plus, ce fut quand, parlant de ses enfants, elle lui dit qu'ils étaient trop jeunes pour absorber les tendresses de son cœur. Quand on sacrifie ainsi, mère, mari, enfants, on veut se justifier d'aimer trop un étranger. ”
Source : Gallica

Charles Legrand,  Sans amour ! (1877)

“ Elle la cajolait en lui enfonçant tous ces mots cruels dans le cœur. Sa fille et sa rivale !
Lucienne cherchait en vain à échapper à l'une de ces deux idées, soit pour l'embrasser en mère, soit pour la repousser en ennemie. Elle ne pouvait pas ; elle était tout en velléités de colère et de douceur.
— Ainsi tu l'aimes, et il t'aime? répétait-elle amèrement.
— C'est mal alors ? Eh bien, non, je t'en prie, ne parle pas alors, laisse-moi douter. C'est si bon de sentir que lui et soi on vit de la même vie, qu'une même joie vous tourmente, qu'on n'est plus seule.
”
Source : Gallica

Charles Legrand,  Sans amour ! (1877)

“ Soyons amis.
- Oui, le passé est mort — s'écria Christophe, d'un air inspiré — le passé, c'est-à-dire l'amour mauvais. Celui qui nous reste maintenant est pur et doux.
— Non, - interrompit-elle vivement — il ne peut plus exister aujourd'hui entre nous que de l'amitié !
- L'amitié entre nous, Lucienne, est un rêve. Si nous abolissons le passé, ses violences indignes, il reste ce que nous ne pourrons jamais effacer : les pures ivresses de notre naissant amour. C'est le meilleur de notre vie, et cela tient à notre cœur par mille liens indestructibles.
”
Source : Gallica

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