Marcelle Tinayre,
L’Oiseau d’orage
“ Jean, malgré lui, changeait de langage et d’accent ; la possession avait fait évanouir l’exquise nuance de tendresse que Marthe rêvait éternelle. La pauvre femme avait éprouvé l’angoisse qui saisit les plus fières, quand n’ayant plus rien à donner, elles craignent d’être dépréciées aux yeux de leur amant, quand l’avenir d’une passion se révèle par un mot, un regard, un silence qui font blessure. Marthe sentait qu’il n’est pas de bonheur possible sans l’illusion de la durée, et que cet amour n’était qu’une aventure, un incident sans conséquences et sans résultats dans la vie de Demarcys. ”
