Jean-Pierre-François Lesguillon

Émotions (1833)

Résumé

Jean-Pierre-François Lesguillon Émotions (1833)

Mais je n'ai plus d'orgueil : je n'aimerais l'étude Que pour la conquérir !
Si tu m'avais aimé, peut-être la mémoire Eût couronné mon nom d'un rayon enflammé : J'aurais eu des succès, j'aurais eu de la gloire, Si tu m'avais aimé !
Sans toi que vaut ma vie enchaînée à la tienne ?
L'avenir à mes yeux ne sourit qu'avec toi : Il faut que je t'adore et que je t'appartienne, Il te faut toute à moi !
Oui, tout entière ! ainsi mon destin te réclame : Oses-tu bien m'offrir un partage moqueur ?
L'amour calcule-t-il? Une ame veut une ame : Un cœur veut tout un cœur !
Source : Gallica

Jean-Pierre-François Lesguillon Émotions (1833)

Qu'une femme admirable, une amante sublime, Me mêle avec son ame, et que de tous vainqueur, Mon nom, mon nom lui seul fasse écho dans son cœur, Et lorsqu'à ses genoux elles volent pressées, M'obtienne un souvenir pour toutes mes pensées !
Et mes baisers de fils se plaisaient à tarir Les pleurs qui dans ses yeux essayaient de courir.
Puis je lui reparlais d'amour et de mémoire : D'un amour éternel, d'une éternelle gloire ; Et ma mère riait de mes rêves d'enfant, De mes illusions d'avenir triomphant, Seules réalités, toute la vie en somme, Dont le vulgaire doute et qui font le grand homme.
Source : Gallica

Jean-Pierre-François Lesguillon Émotions (1833)

Mais tu ne sais pas deux sermens ; Et de même qu'aux jours de l'ardente jeunesse Ton cœur d'une vive tendresse Plus d'une fois n'a point battu, Objet d'un pur amour que l'infortune augmente, La Royauté, ta seule amante, T'est chère autant que la vertu.
Au fond de ces cachots qui dévorent ta vie L'espérance, du moins, avec toi descendra : L'arrêt d'un tribunal ne te l'a point ravie, Son charme te consolera ; Oui, dans ce froid cercueil où tu meurs solitaire, Tu rêveras un grand mystère Au loin caché dans l'avenir : Que dis-je, l'avenir ?
Source : Gallica

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