Barthélemy Imbert

Résumé

Barthélemy Imbert Narcisse dans l'isle de Vénus… (1797)

Ainsi que lui, l'Amour est plein de charmes, L'Amour est nu , l'Amour porte des armes : Mais, disons vrai , Narcisse a par-dessus Un avantage aux yeux de son amante ; Car, après tout, cet Amour que l'on vante N'est qu'un enfant, Narcisse ne l'est plus.
« Quoi ! ma rivale !.. Ah' grands dieux !.. Ah! perfide!
» Tu veux la suivre en sa grotte liquide!
a Je cours à toi. Je ne souffrirai pas.
Écho troublée , en désordre, éperdue , Frappant son sein , meurtrissant ses appas, Voulait courir. Une force inconnue
Soudain l'enchaîne, un dieu retient ses pas.
Source : Gallica

Barthélemy Imbert Narcisse dans l'isle de Vénus… (1797)

Mais tout-à-coup l'amant de la Nature, Zéphyr, s'éveille ; et, des airs qu'il épure, Chassant bientôt l'Eté morne et brûlant, Avec son aile il sème la verdure Sur la forêt qu'il tapisse en volant.
Des arbres verds déja l'ombre incertaine Fond sur Pâris, et s'étend vers la plaine ; L'ambre plus pur exhale ses odeurs, Un gazon frais couvre la terre ardente, Et fait jaillir une moisson de fleurs
Pour nuancer sa robe verdoyante.
Des fruits vermeils chargent le grenadier, Sur les buissons la rose se balance; Et l'oranger, fier de son opulence, Mêle son or à l'or du citronnier.
Source : Gallica

Barthélemy Imbert Narcisse dans l'isle de Vénus… (1797)

Timide amant, son œil déconcerté Craint aujourd'hui de fixer une belle , Et l'enhardit par sa timidité.
Elle s'assied sur un lit de verdure; D'abord plus bas modestement placé , Pâris bientôt s'approche , se rassure , Et, peu fidèle au serment prononcé , Par le desir il est déja parjure.
L'un des oiseaux que Vénus a nourris Vient à leurs yeux étaler son plumage ; Prisme vivant des couleurs de l'iris, Vole autour d'eux , bat de l'aile , et, plus sage, Va se poser dans le sein de Cypris.
Tout est baisé : l'oiseau tendre et folâtre
Erre par-tout roucoulant, becquetant
Source : Gallica

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