“ Car je t’aime, vois-tu, de l’amour qu’une mère A pour le premier-né qui s’abreuve à son sein ; Ma tendresse n’est point une flamme éphémère, C’est un feu chaste et pur, c’est un rayon divin. Je voudrais être l’ange à qui, dès ta naissance, Dieu confia le soin de veiller sur tes jours, Ce bel ange dont l’aile abrita ton enfance Et garde encor ton cœur des coupables amours. Si tu dois rencontrer le bonheur, si la gloire Se lève, astre brillant, sur ton bel horizon, Perdant sans murmurer ma place en ta mémoire, Dans mon lointain exil je redirai ton nom. ”
Antoinette Quarré
Résumé
Antoinette Quarré, dans Poésies, explore avec passion les thèmes de l’amour maternel, de la tendresse, de l’espérance et de la spiritualité, alternant chants d’harmonie et larmes de souffrance. Ses vers, marqués par la dévotion et l’extase, célèbrent le lien sacré entre l’âme et le divin, tout en évoquant l’exil émotionnel et les luttes de l’âme humaine.
À travers des images poétiques comme « un feu chaste et pur » ou « l’ombre qui a des autels », elle développe une réflexion universelle sur la vie, la mort et la gloire, ancrée dans une langue lyrique et emblématique de son époque.
Citations de Poésies (Antoinette Quarré)
“ Me fait bénir déjà les pleurs que j’ai versés ; Car une larme seule en ton sein recueillie, Et mêlée à tes flots d’amour et d’harmonie, Pour ma gloire est assez. Quand, de son trône d’or, l’astre qui nous éclaire, Au sein d’une humble source a plongé ses rayons, L’onde, où se réfléchit sa splendide lumière, Roule un instant ses feux dans sa courte carrière Et brille de ses dons. Ainsi, quand ton génie, éclairant ma jeunesse, M’inonda tout-à-coup d’ineffables clartés, Mon ame à ses rayons s’ouvrant avec ivresse, Mêla tous ses accens de joie ou de tristesse À tes sons enchantés. ”
“ Quand nous ne sommes plus, notre ombre a des autels. À Hégésippe Moreau. Oh ! que tu dois sourire, Hégésippe, à la gloire Qui vient, belle et pompeuse, illustrer ton cercueil ! Qu’elle a de majesté sous sa tunique noire Et ses atours de deuil ! Sa main, pour ombrager la couche où tu reposes, D’un laurier immortel a cueilli les rameaux, Et prodigue à ton nom ses caresses écloses Au milieu des tombeaux. Son beau front rayonnant, que le cyprès couronne, S’est penché sur ton sein glacé par le trépas ; À tes baisers d’amour, vois ! elle s’abandonne Avec tous ses appas. ”
