Fénelon,
Aventures de Télémaque suivies du recueil des fables
“ Hégésippe, impatient, se hâte de faire partir Philoclès. Protésilas les voit embarquer : ses yeux demeurent attachés et immobiles sur le rivage ; ils suivent le vaisseau qui fend les ondes, et que le vent éloigne toujours. Lors même qu’il ne peut plus le voir, il en repeint encore l’image dans son esprit. Enfin, troublé, furieux, livré à son désespoir, il s’arrache les cheveux, se roule sur le sable, reproche aux dieux leur rigueur, appelle en vain à son secours la cruelle mort, qui, sourde à ses prières, ne daigne le délivrer de tant de maux, et qu’il n’a pas le courage de se donner lui-même. ”
