Fénelon,
Aventures de Télémaque suivies du recueil des fables
“ Voulez-vous que je perde Mentor, après avoir perdu tout le reste ? Je n’ai plus ni biens, ni retraite, ni père, ni mère, ni patrie assurée ; il ne me reste qu’un homme sage et vertueux, qui est le plus précieux don de Jupiter : jugez vous-même si je puis y renoncer, et consentir qu’il m’abandonne. Non, je mourrais plutôt. Arrachez-moi la vie ; la vie n’est rien : mais ne m’arrachez pas Mentor. À mesure que Télémaque parlait, sa voix devenait plus forte, et sa timidité disparaissait. Idoménée ne savait que répondre, et ne pouvait demeurer d’accord de ce que le fils d’Ulysse lui disait. ”

