Résumé

Portrait de Fénelon Fénelon Dialogues des morts

J’ai vu le roi d’Angleterre ligué avec l’empereur contre la France, et j’ai rendu leurs efforts inutiles. J’ai cultivé les sciences ; j’ai mérité d’être immortalisé par les gens de lettres ; j’ai fait revivre le siècle d’Auguste au milieu de ma cour. J’y ai mis la magnificence, la politesse, l’érudition et la galanterie : avant moi tout était grossier, pauvre, ignorant, gaulois. Enfin je me suis fait nommer le père des lettres.
Louis. — Cela est beau, et je ne veux point en diminuer la gloire ; mais j’aimerais encore mieux que vous eussiez été le père du peuple que le père des lettres.
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Portrait de Fénelon Fénelon Dialogues des morts

Un peuple n’est pas moins un membre du genre humain, qui est la société générale, qu’une famille est un membre d’une nation particulière. Chacun doit infiniment plus au genre humain, qui est la grande patrie, qu’à la patrie particulière dans laquelle il est né ; il est donc infiniment plus pernicieux de blesser la justice de peuple à peuple que de la blesser de famille à famille contre sa république. Renoncer au sentiment, non seulement c’est manquer de politesse et tomber dans la barbarie, mais c’est l’aveuglement le plus dénaturé des brigands et des sauvages
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La vertu, selon vous, n’est qu’un beau nom : il n’y en a aucune de fixe. Ce que vous approuvez à Athènes, vous le condamnez à Lacédémone. Dans la Grèce, vous êtes Grec ; en Asie, vous êtes Perse : ni dieux, ni lois, ni patrie ne vous retiennent. Vous ne suivez qu’une seule règle, qui est la passion de plaire, d’éblouir, de dominer, de vivre dans les délices et de brouiller tous les États. Ô ciel ! faut-il qu’on souffre sur la terre un tel homme et que les autres hommes n’aient point de honte de l’admirer !
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