Narbal

Définition et enjeux

P. Scudo Revue des Deux Mondes

Ses yeux noirs, doux et profonds, indiquaient une âme affectueuse et ardente que le bonheur domestiqué n’avait pas complètement satisfaite. Il s’en échappait comme un rayon de poésie qui n’avait pas rencontré un objet digne de le fixer. Des lèvres fines sur lesquelles s’épanouissait volontiers un sourire charmant, un teint chaud et bistré qui trahissait un sang méridional, des cheveux d’un noir bleuâtre, une tête noble et fière, tout cela formait un ensemble plus intéressant que la beauté. Mme de Narbal avait beaucoup d’enjouement dans l’esprit et se plaisait dans les causeries familières.
Source : Wikisource

François de Fénelon Aventures de Télémaque ; suivies des Aventures d'Aristoniis (1873)

Cessez, Narbal, de me proposer ce qui est indigne de vous et de moi. Si les dieux ont pitié de nous, ils sauront bien nous délivrer; s'ils veulent nous laisser périr, nous serons en mourant les victimes de la vérité, et nous laisserons aux hommes l'exemple de préférer la vertu sans tache à une longue vie. La mienne n'est déjà que trop longue, étant si malheureuse. C'est vous seul, ô mon cher Narbal, pour qui mon cœur s'attendrit.
Fallait-il que votre amitié pour un malheureux étranger vous fût si funeste ?
Source : Gallica

François de Fénelon Aventures de Télémaque ; suivies des Aventures d'Aristoniis (1854)

Pour vous, ô mon cher Télémaque, je prie tes dieux, qui vous conduisent comme par la main, de vous accorder le plus précieux de tous leurs dons, qui est la vertu pure et sans tache, jusqu'à la mort. Vivez, retournez en Ithaque, consolez Pénélope, délivrez-la de ses téméraires amans. Que vos yeux puissent voir, que vos mains puissent embrasser le sage Ulysse, et qu'il trouve en vous un fils qui égale sa sagesse! Mais, dans votre bonheur, souvenez-vous du malheureux Narbal, et ne cessez jamais de m'aimer.
Source : Gallica

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