Amédée Pommier

L'enfer (1853)

Résumé

Amédée Pommier L'enfer (1853)

Sur la déclivité des ganches, Le fer aux inflexibles branches Par la poitrine ou par les hanches Les tient des cent ans accrochés.
Qui décrira tant de repaires, Où la chair pâtit sans repos, Ces fosses pleines de vipères, De scorpions et de crapauds?
Le torturé que l'on v plonge, Vivant, sent le ver qui le ronge, Et son supplice se prolonge En même sorte jusqu'au jour Où, pour qu'il souffre sans relâche, Quelque géant, dont c'est la tâche, Le prend tout tremblant et le mâche Pendant des siècles à son tour.
Source : Gallica

Amédée Pommier L'enfer (1853)

On y réchauffe l'égoïste Qui ne s'occupait que de lui, Dont le système dur et triste Fut d'être glacé pour autrui.
Dans un trou brûlant on l'enfourne, D'un flanc sur l'autre on le retourne, Et le malheureux y séjourne Assez longtemps pour que sa-chair, Se dorant de la bonne sorte, Montre par une preuve forte Combien sur toute autre l'emporte La rôtissoire de l'enfer.
Le monstre à qui son cœur reproche Quelque grand forfait inconnu, Comme un poulet on vous l'embroche, Sur un gril rouge on l'étend nu.
Source : Gallica

Amédée Pommier L'enfer (1853)

Le feu vivant qui les tourmente, Et qui soi-même s'alimente, Modère sa force ou l'augmente, Suivant les fautes à punir, Et, pour empêcher que, plus douce, La peine, en durant, ne s'émousse, De plus en plus il se courrouce Dans l'infini de l'avenir.
Source : Gallica

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