Résumé

Portrait de Dante Alighieri Dante Alighieri La Divine Comédie. L'Enfer, traduction en vers français par M. François Villain Lami (1867)

Si la circonférence enferme moins d'espace, La douleur plus poignante éclate en cris stridents.
Là, l'horrible Minos siège et grince des dents.
A l'entrée, il assigne à tous leur pénitence.
Aux nœuds dont il s'entoure on connaît sa sentence.
Je dis que devant lui tout d'abord qu'il paraît, Le pécheur se confesse et n'a plus de secret.
Or cet inquisiteur voit où doit aller l'âme, Et quel compartiment de l'enfer la réclame.
Sa queue autant de fois fait le tour de ses flancs Que l'âme a de degrés à franchir et de plans.
Chaque ombre tour à tour parle, entend, puis s'engouffre.
Source : Gallica

Portrait de Dante Alighieri Dante Alighieri La Divine Comédie. L'Enfer, traduction en vers français par M. François Villain Lami (1867)

Et derrière sa nuque, un dragon se replie, L'aile ouverte, lançant la flamme à tout venant.
« Ce monstre, c'est Cacus! Plus d'une fois traînant Sa proie à reculons, et loin de la lumière, En un fleuve de sang il changea sa tanière.
Ses frères sont ailleurs : s'il en est séparé, Par la fraude et te rapt c'est pour s'être emparé
Des grands troupeaux qu'il vit paître en son voisinage.
Mais Hercule attiré par l'odeur du carnage, - Par cent coups de massue, il n'en fallait pas faut, A ses lâches forfaits mit fin en un instant. »
Source : Gallica

Portrait de Dante Alighieri Dante Alighieri La Divine Comédie. L'Enfer, traduction en vers français par M. François Villain Lami (1867)

Amour qui n'exempta nul être aimé d'aimer D'un feu correspondant prompt à me consumer, M'enivra d'un plaisir si vif pour sa personne, Que lui, comme tu vois, jamais ne m'abandonne.
Amour tous deux ensemble à la mort nous mena.
Caïn attend celui qui nous assassina. »
Tels furent les accents qui navrèrent mon âme.
En entendant la voix, de douleur je me pâme, Je reste l'œil baissé, morne et silencieux.
« Tu songes, dit mon guide, et parais soucieux! »
Et moi : « Quels doux pensers qui tant les séduisirent, Au douloureux passage, hélas ! les conduisirent ! »
Source : Gallica

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